mercredi 6 décembre 2017

Kent Haruf - Nos Âmes la Nuit

Quatrième de couverture :
Dans la petite ville de Holt, Colorado, dans une Amérique profonde et isolée, Addie, une septuagénaire, veuve depuis des décennies, fait une étrange proposition à son voisin, Louis, également veuf : voudrait-il bien passer de temps à autre la nuit avec elle, simplement pour parler, pour se tenir compagnie ? La solitude est parfois si dure... Bravant les cancans, Louis se rend donc régulièrement chez Addie. Ainsi commence une très belle histoire d'amour, lente et paisible, faite de confidences chuchotées dans la nuit, de mots de réconfort et d'encouragement. Une nouvelle jeunesse apaisée, toute teintée du bonheur de vieillir ensemble. Mais voilà, les choses ne vont pas se passer si simplement, les cancans vont bon train, et les familles s'en mêlent... Que va-t-il advenir de cette bulle de douceur si précieuse qu'Addie et Louis avaient réussi à construire ?

Mon avis : 16/20
Ce court roman qui s'apparente plutôt à une nouvella est une petite parenthèse dans la vie. Ce livre est d'une douceur remarquable, un moment hors du temps. L'écriture n'a pas besoin d'être complexe pour nous emporter au coeur de l'intrigue. Les personnages sont touchants et le lecteur apprend à les découvrir au fur et à mesure de l'avancée de l'oeuvre. On peut ajouter à toutes ces qualités la simplicité de l'intrigue. Oui. Car elle est à la fois simple, originale et belle. On sent que l'auteur n'a aucune prétention avec ce livre, qu'il est dans le "vrai". Et c'est exactement ce qui fait sa beauté. En 180 pages, on n'a pas le temps de se prendre la tête, de s'ennuyer ou d'en attendre plus de ce livre. Et ce que l'auteur nous propose est tout aussi simple que ça. Dans ce que la simplicité a de plus beau.

mercredi 29 novembre 2017

Franck Thilliez - Puzzle

Quatrième de couverture :
Et si on vous demandait de mourir… dans un jeu ?
Ilan et Chloé, deux jeunes gens spécialistes des chasses au trésor ont rêvé des années durant de participer à la partie ultime, d’un jeu mystérieux dont on ne connaît pas les règles, dont on ne connaît pas l’entrée, et dont on ne sait même pas s’il existe. Mais dont on connaît le nom : Paranoïa.
Lorsqu’un an après leur rupture Chloé réapparaît dans la vie d’Illan en lui annonçant qu’elle sait comment jouer, ce dernier a totalement rompu avec l’univers des jeux, et vit isolé dans la maison de ses parents disparus en mer. Officiellement morts, mais Ilan est persuadé qu’ils ont été enlevés à cause de leurs recherches scientifiques. Après avoir refusé l’aventure, Illan cède alors que Chloé lui fait part de la rumeur : le gagnant remporterait 300 000 euros.
Après un premier jeu de pistes dans Paris, les deux amis sont enfin sélectionnés. C’est alors qu’ils découvrent la règle numéro 1 : « Quoiqu’il arrive, rien de ce que vous allez vivre n’est la réalité. Il s’agit d’un jeu. », rapidement suivie, à leur arrivée sur les lieux du jeu - un gigantesque bâtiment isolé en pleine montagne appelé Complexe psychiatrique de Swanessong – de la règle numéro 2 : « L’un d’entre vous va mourir. »
Quand les joueurs découvrent le premier cadavre, quand Illan retrouve dans le jeu des informations liées à la disparition de ses parents, la distinction entre le jeu et la réalité est de plus en plus difficile à faire…
Et Paranoia peut alors réellement commencer…

Mon avis : 15/20
Quoi de mieux qu'un bon thriller pour se sortir de la fameuse panne de lecture. Et bien ce livre tombe à pic pour ce genre d'occasion. Réunissant tout ce que l'on peut attendre d'une intrigue psychologiquement troublante, monsieur Thilliez nous a réuni tous les ingrédients de l'univers glauque idéal. Un jeu un peu louche où beaucoup d'argent est en jeu, un hôpital psychiatrique et des joueurs tous plus suspects les uns que les autres. L'intrigue est très bien menée, une fois ouvert, le livre ne demande qu'à être terminé. On est sur du thriller efficace, avec une écriture fluide sans pour autant que le livre s'arrête à ces critères. On sent que l'auteur a fait des recherches dans le domaine psychologique avant d'écrire son roman afin de le rendre le plus crédible possible. Cela semble être une méthode courante chez Thilliez puisque l'on retrouve cette même particularité dans la plupart de ses oeuvres. Alors quand on parle de "recherches" cela peut toujours effrayer, car on a peur du côté "barbant" potentiel, mais l'auteur sait parfaitement doser la part de vérité qu'il implante dans son récit pour lui faire prendre une tournure vertigineuse.
Si la fin reste prévisible pour les amateurs du genre, on ne peut que souligner l'efficacité de l'auteur qui a fait de ce récit un livre incontournable de tous les rayons polar.

lundi 30 octobre 2017

Ryan Ferrier - Kennel Block Blues

Quatrième de couverture :
Si vous ne pouvez pas vous échapper de prison, échappez à la réalité. Oliver est un bon chien, un chien de famille, qui a été injustement condamné au chenil d’État de Jackson, et immédiatement placé dans le couloir de la mort avec les autres détenus. Il va lui falloir de l'aide pour s'échapper, mais face au stress de la vie carcérale, il commence à fuir la réalité, imaginant un monde de fantaisie avec des personnages de dessins animés.
Il est temps de s'évader... dans une comédie musicale ?

Mon avis : 19/20 - COUP DE COEUR -
Comment parler de cette oeuvre sans évoquer ses thématiques ? Sans spoiler pour crier son génie ? Cela va être très dur, et parfois quelques images valent mieux que des mots.
Oliver est un chien qui se retrouve en prison injustement. Il ne doit pas y rester, c'est ce qu'il se fatigue à faire comprendre à tout le monde. Mais voilà, il y est, et pour ce laps de temps, il se crée un monde parallèle où sa vie carcérale serait en fait une joyeux comédie musicale.
Mais comment ne pas parler du dessin ? Totalement approprié à son histoire, les planches sont partagées entre un gris sombre et de folles couleurs pétantes. Ce rendu donne énormément de caractère à cette BD, elle lui donne même une identité absolument unique et renforce les thématiques. Car évidemment, les couleurs pétantes délimitent la "comédie musicale" lorsque les couleurs sombres ramènent à la réalité.
Mais voilà, si les dessins sont magnifiques, cette BD est un véritable hymne à la liberté animale, et il est rare que cette thématique soit si bien utilisée, notamment quand cela concerne les animaux dits "domestiques". Car à aucune moment l'auteur ne pointe du doigt les hommes (qui ne sont même pas présents dans l'oeuvre) mais il ne s'agit pas de nous faire croire que nous ne sommes pas responsables mais au contraire de nous montrer les conséquences de notre volonté égoïste à vouloir des "animaux de compagnie" que nous n'assumons pas. La morale de l'oeuvre amplifie ce parti-pris, que l'on ne peut que féliciter.
Cette merveilleuse BD est une véritable découverte à faire passer entre toutes les mains. Le fond s'assemble à la forme pour nous en révéler un magnifique chef d'oeuvre. Il faut la lire, il faut la prêter, il faut la rendre culte. Car elle en a tout le potentiel.

jeudi 19 octobre 2017

Stephane Desienne - Zoulag : La Filière Sibérienne

Quatrième de couverture :
L’humanité a finalement réussi à contenir l’apocalypse zombie, et les spécimens infectés qui n’ont pas été éradiqués sont désormais enfermés dans des « zoulags » à des fins scientifiques et militaires.
Boris Yazounov et sa partenaire Nikki font tourner un bien étrange business : on les engage pour voler des zombies et les convoyer à travers les terres désolées de la Sibérie. Et pourvu que la paie soit bonne, le duo n’est pas curieux des motivations de ses commanditaires.
Si jusqu’à ce jour la mécanique du trafic semble bien huilée, l’idée d’une retraite bien méritée commence à germer dans la tête de Boris. Peut-être que cette mission sera la dernière… Mais quelque chose ne tourne pas rond : indics nerveux, mafieux gourmands, ambiance de délation, et maintenant les militaires à ses trousses…
Désormais ce n’est plus seulement son business qu’il doit sauver. C’est sa vie.

 Mon avis : 16/20
Quand on parle de roman zombie, un tas de questions s'imposent. Comment va être traité le virus ? Quel impact vont avoir les zombies sur la société ? Comment rendre original ce genre de récit quand on pense que tout a déjà été fait ? Et bien pour avoir la réponse à tout cela, il faut se diriger chez les éditions Walrus. Dans Zoulag : la filière sibérienne, on a tout ce qu'il faut pour avoir une novella zombie original. Le rythme est présent, les personnages ne sont pas caricaturaux et même les zombies ne sont jamais décrit de façon grotesques. Alors certes, on n'est pas réellement dans de l'horreur pure mais plutôt sur du thriller car le suspens l'emporte, mais cela fonctionne parfaitement car on se retrouve emprisonné dans le récit à qui l'on pourrait reprocher d'être trop court.
L'histoire se déroule après l'apocalypse zombie, l'humanité a donc su gérer le problème et faire face à l'invasion du virus. Mais voilà, il reste des zombies et ceux-ci sont enfermés dans des "zoulags" à des fins scientifiques. Le zombie est donc devenu un objet rare, précieux, que tout le monde ne peut se payer. C'est là qu'interviennent nos personnages principaux, qui se font du flouze en trafiquant ces morts-vivants.
On l'a bien compris, l'originalité du traitement zombie est clairement présente. Mais l'écriture alors, vaut-elle le coup ? Et bien lire un auteur français, ça a un énorme avantage. Quand on ne passe pas par la traduction, ça se sent très vite, et on ne peut que féliciter l'écriture de Stéphane Desienne car il est très rare de trouver des récits zombies qui ne tombent pas facilement ni dans le gore ni dans le grotesque. L'écriture est vraiment brillante, on nous conte cette histoire façon road zombie movie, et non seulement c'est appréciable mais en plus c'est bien fait.
En somme, ce livre vaut vraiment le coup d'oeil pour les amateurs du genre mais aussi ceux qui aimeraient changer leurs aprioris sur les zombies. On est sur de la novella, c'est court, ça se lit très bien, et on en redemanderait encore une bonne dose !