dimanche 28 janvier 2018

Rosa B - Mort à la viande !

Quatrième de couverture :
Peut-on manger de la viande tout en respectant les animaux ? Les éleveurs sont-ils tristes quand leurs bêtes partent à l’abattoir ? Etre vegan, ça coûte cher ? Après Insolente Veggie, et L’antispécisme c’est pas pour les chiens, Rosa B répond en BD à toutes ces questions (et bien d’autres !) avec l’humour incisif et impertinent qui la caractérise !
Dans ce troisième tome des aventures de notre Insolente Veggie, les carnistes en prennent pour leur grade : le mythe de la «viande heureuse», les éleveurs, les industriels et les consommateurs… tous passent dans le collimateur de son humour décapant et toujours percutant ! 160 pages pour rire et réfléchir à la condition animale et sa propre humanité.

Mon avis : 17/20 - COUP DE COEUR -
Après Insolente Veggie et l'Antispécisme, Rosa B revient avec sa nouvelle BD Mort à la viande ! et évidemment, je ne pouvais pas passer à côté.
Ce n'est pourtant pas évident de faire une chronique sur cette oeuvre sans répéter ce que j'ai déjà pu dire sur les précédents ouvrages. Car ce livre est à la hauteur des précédents tomes mais il est surtout beaucoup plus grinçant. On sent que l'autrice passe au niveau supérieur pour parler du spécisme et de ses conséquences. Elle donne beaucoup plus la parole aux animaux que dans ses précédents livres mais c'est surtout la rage qui prédomine cette ouvrage. La rage d'une personne exaspérée, indignée face au comportement des gens dans notre société. C'est une rage que l'on connait tous plus ou moins, une volonté de crier au monde que tout ce qui nous entoure ne tourne pas rond. C'est un sentiment que l'on peut ressentir dans beaucoup de combats, et qui est ici très bien représenté à travers des dessins toujours aussi simples et pertinents.
Encore une fois, Rosa B nous offre un livre qui est à la fois très personnel et très parlant, toujours aussi efficace tout en ayant toujours quelque chose de nouveau à dire. Une réussite, une fois de plus.

lundi 18 décembre 2017

Elena Ferrante - L'Amie Prodigieuse (Lu par Marina Moncade)

Quatrième de couverture :
Naples, fin des années cinquante. Deux amies, Elena et Lila, vivent dans un quartier défavorisé de la ville, leurs familles sont pauvres et, bien qu'elles soient douées pour les études, ce n'est pas la voie qui leur est promise. Lila, la surdouée, abandonne rapidement l'école pour travailler avec son père et son frère dans leur échoppe de cordonnier. En revanche, Elena est soutenue par son institutrice, qui pousse ses parents à l'envoyer au collège puis, plus tard, au lycée, comme les enfants des Carracci et des Sarratore, des familles plus aisées qui peuvent se le permettre.
Durant cette période, les deux jeunes filles se transforment physiquement et psychologiquement, s'entraident ou s'en prennent l'une à l'autre. Leurs chemins parfois se croisent et d'autres fois s'écartent, avec pour toile de fond une Naples sombre mais en ébullition, violente et dure. Des chemins qui les conduiront, après le passage par l'adolescence, à l'aube de l'âge adulte, non sans ruptures ni souffrances.
Formidable voyage dans Naples et dans l'Italie du boom économique, L'amie prodigieuse trace le portrait de deux héroïnes inoubliables, qu'Elena Ferrante traque avec passion et tendresse jusqu'au plus profond de leur âme.

Mon avis : 19/20 - COUP DE COEUR -
L'Amie Prodigieuse, c'est un livre que l'on ne peut commencer qu'avec beaucoup d'appréhension et d'attentes. En tête des ventes depuis un certains temps, c'est un livre que l'on n'a presque plus besoin de présenter. Convaincue que ce serait un livre "pas fait pour moi", je l'ai tout de même commencé car il avait gagné le coeur de deux personnes que j'estime, mais aux goûts totalement opposés (l'une aimant les livres très pointus, l'autre recherchant plutôt de l'évasion). Cela ne t'intéresse peut-être pas, mais j'ai besoin de le préciser, car je sais d'avance que cette chronique va être marquée par le "je" que j'essaie pourtant de ne pas faire trop apparaître en temps normal.
OBJECTIVEMENT, ce livre pourrait entrer dans la catégorie "roman historique" car on est plongé dans les années 50 dans une des parties pauvres de l'Italie : Naples. Le point de vue est celui de la narratrice, Elena, que l'on va suivre et voir grandir durant toute la saga. Ce premier tome se déroule pendant l'enfance, et il pose très bien les bases tout en ne servant pas qu'à cela. Les personnages sont véritablement vivants. Leurs défauts et leurs qualités font partie pleinement de leur être, et on peut se retrouver à détester leur actions/réactions sans jamais se dire "ce personnage est nul", car on a l'impression de parler d'une personne réelle.
SUBJECTIVEMENT, ce livre est une merveille. Et cela prend d'autant plus d'ampleur quand on le remet en contexte dans la saga. J'attends avec impatience le quatrième tome, mais je ne doute à aucun moment de sa qualité. Cette saga prend aux tripes, on se retrouve mêlé dans l'amitié Lila/Elena, et on prend partie dans chacune des pages car on se reconnait en elles, on se sent impliqué. Ce livre, cette saga, c'est à la fois l'ambition, la volonté, la colère, l'amitié, l'amour, la famille, la société, l'Histoire, les femmes, le combat, mais elle est surtout un véritable chef d'oeuvre viscéral. On en referme chaque livre les larmes aux yeux. Pas parce qu'on est réellement triste, seulement parce que l'on ne veut pas quitter ces personnages, et qu'en les quittant, on a l'impression de dire au revoir à des proches.

J'ai lu ce livre en partie en format papier, en partie en format audio.
Et je dois avouer que la version audio de ce livre est particulièrement bonne. Marina Moncade interprète vraiment bien Elena et possède un excellent accent italien, on en vient même à lire le livre avec sa voix dans la tête. C'est un gros plus, et je le conseille à toutes les personnes qui ne voudraient pas forcément lire le livre ou qui l'auraient commencé sans "entrer dedans". C'est vraiment un excellent intermédiaire.

mercredi 6 décembre 2017

Kent Haruf - Nos Âmes la Nuit

Quatrième de couverture :
Dans la petite ville de Holt, Colorado, dans une Amérique profonde et isolée, Addie, une septuagénaire, veuve depuis des décennies, fait une étrange proposition à son voisin, Louis, également veuf : voudrait-il bien passer de temps à autre la nuit avec elle, simplement pour parler, pour se tenir compagnie ? La solitude est parfois si dure... Bravant les cancans, Louis se rend donc régulièrement chez Addie. Ainsi commence une très belle histoire d'amour, lente et paisible, faite de confidences chuchotées dans la nuit, de mots de réconfort et d'encouragement. Une nouvelle jeunesse apaisée, toute teintée du bonheur de vieillir ensemble. Mais voilà, les choses ne vont pas se passer si simplement, les cancans vont bon train, et les familles s'en mêlent... Que va-t-il advenir de cette bulle de douceur si précieuse qu'Addie et Louis avaient réussi à construire ?

Mon avis : 16/20
Ce court roman qui s'apparente plutôt à une nouvella est une petite parenthèse dans la vie. Ce livre est d'une douceur remarquable, un moment hors du temps. L'écriture n'a pas besoin d'être complexe pour nous emporter au coeur de l'intrigue. Les personnages sont touchants et le lecteur apprend à les découvrir au fur et à mesure de l'avancée de l'oeuvre. On peut ajouter à toutes ces qualités la simplicité de l'intrigue. Oui. Car elle est à la fois simple, originale et belle. On sent que l'auteur n'a aucune prétention avec ce livre, qu'il est dans le "vrai". Et c'est exactement ce qui fait sa beauté. En 180 pages, on n'a pas le temps de se prendre la tête, de s'ennuyer ou d'en attendre plus de ce livre. Et ce que l'auteur nous propose est tout aussi simple que ça. Dans ce que la simplicité a de plus beau.

mercredi 29 novembre 2017

Franck Thilliez - Puzzle

Quatrième de couverture :
Et si on vous demandait de mourir… dans un jeu ?
Ilan et Chloé, deux jeunes gens spécialistes des chasses au trésor ont rêvé des années durant de participer à la partie ultime, d’un jeu mystérieux dont on ne connaît pas les règles, dont on ne connaît pas l’entrée, et dont on ne sait même pas s’il existe. Mais dont on connaît le nom : Paranoïa.
Lorsqu’un an après leur rupture Chloé réapparaît dans la vie d’Illan en lui annonçant qu’elle sait comment jouer, ce dernier a totalement rompu avec l’univers des jeux, et vit isolé dans la maison de ses parents disparus en mer. Officiellement morts, mais Ilan est persuadé qu’ils ont été enlevés à cause de leurs recherches scientifiques. Après avoir refusé l’aventure, Illan cède alors que Chloé lui fait part de la rumeur : le gagnant remporterait 300 000 euros.
Après un premier jeu de pistes dans Paris, les deux amis sont enfin sélectionnés. C’est alors qu’ils découvrent la règle numéro 1 : « Quoiqu’il arrive, rien de ce que vous allez vivre n’est la réalité. Il s’agit d’un jeu. », rapidement suivie, à leur arrivée sur les lieux du jeu - un gigantesque bâtiment isolé en pleine montagne appelé Complexe psychiatrique de Swanessong – de la règle numéro 2 : « L’un d’entre vous va mourir. »
Quand les joueurs découvrent le premier cadavre, quand Illan retrouve dans le jeu des informations liées à la disparition de ses parents, la distinction entre le jeu et la réalité est de plus en plus difficile à faire…
Et Paranoia peut alors réellement commencer…

Mon avis : 15/20
Quoi de mieux qu'un bon thriller pour se sortir de la fameuse panne de lecture. Et bien ce livre tombe à pic pour ce genre d'occasion. Réunissant tout ce que l'on peut attendre d'une intrigue psychologiquement troublante, monsieur Thilliez nous a réuni tous les ingrédients de l'univers glauque idéal. Un jeu un peu louche où beaucoup d'argent est en jeu, un hôpital psychiatrique et des joueurs tous plus suspects les uns que les autres. L'intrigue est très bien menée, une fois ouvert, le livre ne demande qu'à être terminé. On est sur du thriller efficace, avec une écriture fluide sans pour autant que le livre s'arrête à ces critères. On sent que l'auteur a fait des recherches dans le domaine psychologique avant d'écrire son roman afin de le rendre le plus crédible possible. Cela semble être une méthode courante chez Thilliez puisque l'on retrouve cette même particularité dans la plupart de ses oeuvres. Alors quand on parle de "recherches" cela peut toujours effrayer, car on a peur du côté "barbant" potentiel, mais l'auteur sait parfaitement doser la part de vérité qu'il implante dans son récit pour lui faire prendre une tournure vertigineuse.
Si la fin reste prévisible pour les amateurs du genre, on ne peut que souligner l'efficacité de l'auteur qui a fait de ce récit un livre incontournable de tous les rayons polar.