samedi 24 novembre 2012

Frédéric Beigbeder - 99 Francs

Quatrième de couverture :
En ce temps-là, on mettait des photographies géantes de produits sur les murs, les arrêts d'autobus, les maisons, le sol, les taxis, les camions, la façade des immeubles en cours de ravalement, les meubles, les ascenseurs, les distributeurs de billets, dans toutes les rues et même à la campagne.
La vie était envahie par des soutiens-gorge, des surgelés, des shampoings antipelliculaires et des rasoirs triple-lame. L'?il humain n'avait jamais été autant sollicité de toute son histoire : on avait calculé qu'entre sa naissance et l'âge de 18 ans, toute personne était exposée en moyenne à 350 000 publicités. Même à l'orée des forêts, au bout des petits villages, en bas des vallées isolées et au sommet des montagnes blanches, sur les cabines de téléphérique, on devait affronter des logos "Castorama", "Bricodécor", "Champion Midas" et "La Halle aux Vêtements".Il avait fallu deux mille ans pour en arriver là.

Mon avis : 13/20
Je dois avoué que j'ai eu un peu de mal à entrer dans l'histoire au début, et j'ai abandonné la lecture pendant un moment, puis un jour j'ai décidé de le finir parce que j'en avait marre qu'il traine sur ma table de chevet (d'accord, j'ai pas de table de chevet, mais vous voyez l'idée !), donc je l'ai fini. Et finalement, petit à petit je suis entrée dedans. Je trouve que le Octave est un personnage à la fois ignoble et pitoyable, mais on ne peut pas s'empêcher d'avoir de la compassion pour lui, et de le trouver attachant. 
Bon, en règle générale, j'aime l'écriture de Beigbeder, et ça s'est encore confirmé dans ce livre. En fait, je me demande même si je n'ai pas préféré la forme que le fond. Beaucoup de gens disent que Beigbeder à une écriture vulgaire et pas très recherchée, mais moi je dirais plutôt qu'on dirait une écriture spontanée, il écrit comme il ressent les choses. Alors oui, cela peut paraître vulgaire, mais moi je pense que cela reflète exactement la société qu'il tente de peindre. En fait, je trouve que dans ce livre, Beigbeder dénonce plus par ses mots que par l'histoire justement. Mais ce n'est que mon avis. 
J'ai suffisamment aimé ce livre pour avoir envie de regarder l'adaptation cinématographique. J'en parlerai une fois que cela sera exécuté. 

mardi 20 novembre 2012

Nicolas Gogol - Nouvelles De Pétersbourg

Quatrième de couverture :
Gogol n'a jamais conçu les "nouvelles de Pétersbourg" comme un projet global qu'il aurait réalisé chapitre après chapitre. Le titre, d'ailleurs, n'a été inventé qu'après sa mort, par des éditeurs. Saint-Pétersbourg n'est pas pour lui l'objet d'une étude systématique, mais l'occasion de voyages fantastiques, au sens le plus large du terme. C'est la ville des rencontres inopinées. Chacun peut y tomber sur des voleurs ("Le manteau"), sur un tableau énigmatique ("Le portrait"), sur deux chiens qui parlent ("Journal d'un fou") ou encore... sur son propre nez, déguisé en conseiller d'Etat ("Le nez"). De même que les héros de "La perspective Nevski" suivent chacun une inconnue qui passe, de même Gogol s'empare d'une idée et se laisse mener par elle, dans le labyrinthe des surprises cocasses, des déceptions, des épouvantes, de la folie, de la damnation. 
On l'a dit "réaliste". Mais le réalisme n'est qu'un aspect de cette oeuvre hyperbolique, traversée de nostalgies et de terreurs inexplicables, empreinte d'une bouleversante bouffonnerie. 


Mon avis : 14/20
J'ai été plutôt agréablement surprise par ce livre que l'on m'a imposé à lire pour les cours. Mais vu que c'est un recueil de nouvelles, je vais vous parler de chaque nouvelles indépendamment.
- La Perspective Nevski : c'est la nouvelle qui ouvre le recueil, et c'est celle que j'ai le moins aimé. Pourtant je trouve qu'il faut avoir lu cette nouvelle pour comprendre les autres. Je veux dire par là que Gogol nous décrit très précisément la Perspective Nevski, avec au sein de cette description, deux personnages qui n'ont rien à voir. On suit leur histoire, et on s'attend à ce qu'il y ait un lien entre les deux histoires, mais en fait... Absolument pas. Ce qui est assez déroutant à vrai dire.
- Le Nez : cette histoire est assez marrante, car totalement absurde. C'est l'histoire d'un homme qui se réveille sans nez. Il retrouve son nez, déguisé en conseille d'Etat. Alors oui, c'est improbable, et tout au long de l'histoire on se demande ce que va être la chute. Et il s'avère que... et bien... il retrouve son nez. Déroutant aussi n'est-ce pas ? Mais moi j'ai adoré.
- Le Portrait : cette nouvelle est une de mes préférées. Je ne peux pas réellement faire un résumé de l'histoire, car il y en a plusieurs dedans, mais je dois avouer que dans la première partie du texte, j'étais captivée et je me retenais de sauter les lignes pour aller plus vite et savoir la vérité. Et je dois dire que ce texte m'a marquée justement parce qu'il accroche le lecteur, et jusqu'au bout on veut savoir pourquoi, comment, qui ?? Cette nouvelle est vraiment captivante.
- Le Manteau : j'ai beaucoup aimé cette nouvelle aussi, et je suis contente de l'avoir lue avant "Le Portrait" car je pense que je l'aurais sûrement moins aimée, et je l'aurais surtout lu beaucoup moins vite. Mais il faut dire que dans cette nouvelles l'histoire se déroule assez rapidement et s'enchaîne plutôt bien, et l'histoire passe du pathétique au burlesque, et tout cela me plait fort bien !
- Journal d'un Fou : je ne saurais pas quoi dire sur cette nouvelle, elle m'a plu, mais elle ne m'a pas marquée plus que ça. J'aime pas trop fous en général (allez, dîtes-le que je fais de la discrimination), en fait je suis plutôt effrayée par les fous qu'autre chose... Et ce fou-là, et bien... il m'a fait plutôt de la peine. On a pitié de lui. Peut-être que de se retrouver dans son univers n'aide pas, mais en tout cas je trouve qu'on a de la peine pour lui plus qu'autre chose. Voilà.

En conclusion, je dirais que j'ai vraiment aimé l'écriture de Gogol, mais j'admire surtout l'imagination qu'il a eut pour "pondre" des histoires aussi farfelues. Une très bonne découverte. On dit merci qui ?? Merci Madame la professeure !!!

mardi 6 novembre 2012

Joachim Du Bellay - Les Regrets

Pas de quatrième de couverture.



Mon avis : 10/20
Alors tout d'abord, je tiens à préciser que mon avis est tout sauf objectif. J'ai étudié ce livre pour les cours, et c'est un recueil de poésies. Or je déteste la poésie. Enfin, je n'aime que certaines poésies, et je ne comprends pas réellement comment on peut aimer lire un recueil de poésie.

Bon, on parle quand même de Du Bellay, alors forcément, tout est réfléchi. Mais je crois qu'au final, c'est ce que j'aime le moins dans la poésie. Dès que je l'étudie, je trouve les vers beaucoup moins beaux, beaucoup moins sincères. Alors forcément, le contexte ne m'a pas trop aidée à apprécier l'oeuvre. Mais je vous le dis sincèrement, je n'aurais jamais acheté ce livre de moi-même en temps normal.
Donc voilà, je n'ai pas du tout apprécié la lecture de ce recueil, un seul sonnet m'a plu, mais c'est sûrement parce que c'est le plus connu de tous : Sonnet 31.
Je vous le mets ci-dessous (vu qu'il n'y a pas de quatrième de couverture je peux me permettre de prendre de la place inutilement ahah)


Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,
Ou comme celui-là qui conquit la toison,
Et puis est retourné, plein d'usage et raison,
Vivre entre ses parents le reste de son âge !

Quand reverrai-je, hélas, de mon petit village
Fumer la cheminée, et en quelle saison
Reverrai-je le clos de ma pauvre maison,
Qui m'est une province, et beaucoup davantage ?

Plus me plaît le séjour qu'ont bâti mes aïeux,
Que des palais Romains le front audacieux,
Plus que le marbre dur me plaît l'ardoise fine :

Plus mon Loir gaulois, que le Tibre latin,
Plus mon petit Liré, que le mont Palatin,
Et plus que l'air marin la douceur angevine. 




Bon, comme je suis une fille vachement cool et généreuse, je vous mets la reprise musicale de ce petit sonnet (bah oui, il a pas encore été adapté au cinéma) alors voilà la version de Ridan. (Je préfère celle de Brassens, mais comme il ne reprend pas vraiment le texte du sonnet, je vous mets celle-ci, qui est la plus proche. (Et elle reste dans la tête aussi, donc je vous déconseille fortement si ça a tendance à vous énerver.)