mercredi 23 avril 2014

Glen Duncan - Moi, Lucifer

Quatrième de couverture :
Prisonnier (par la volonté de Dieu) du corps d'un écrivain fraîchement suicidé et chichement membré, Moi, Lucifer, Ange Déchu, Porteur de Lumière, Prince des Ténèbres, de l'Enfer et de ce Monde,Seigneur des Mouches, Père du Mensonge, Suprême Apostat, Tentateur, Antique Serpent, Séducteur, Accusateur, Tourmenteur, Blasphémateur et, sans contestation possible, Meilleur Coup de l'Univers Visible et Invisible (demandez donc à Eve, cette petite garce), j'ai décidé - Ta-daaah ! - de tout dire.
Tout ? Presque. Le funk. Le swing. Le boogie. Le rock. 
C'est moi qui ai inventé le rock. Si vous saviez tout ce que j'ai inventé : la sodomie, bien sûr, la fumette, l'astrologie, l'argent... Bon, on va gagner du temps : tout, absolument tout ce qui vous empêche de penser à Dieu. C'est-à-dire à peu près tout ce qui existe.

Mon avis : 14/20
C'est l'histoire de Lucifer qui se retrouve dans le corps d'un écrivain paumé. Ah, mais comment ne pas succomber à une histoire pareille ? 
Et bien, commençons par les personnages. On ne peut qu'adorer Lucifer, même si on regrette qu'il ne soit pas un peu plus méchant (après tout on parle du Diable non ? Alors pourquoi n'est-il méchant qu'en parole ?) mais c'est à travers la vie de Gunn qu'il se retrouve sur Terre, et c'est là que l'écriture est vraiment bien faite. L'auteur mêle parfaitement la vie de cet écrivain raté à celle de Lucifer et de ses découvertes terrestres. Il nous emporte, dès le début, dans une lecture qui promet d'être mouvementée, drôle et sarcastique. 
Le gros plus de cette oeuvre, ce sont les références bibliques qui nous sont présentées sous le point de vue de Lucifer. Ces passages ont été mes préférés car ils sont vraiment très bien trouvés, ils sont crédibles et intelligemment développés. 
Le style d'écriture se situe typiquement dans ce que j'aime : c'est cru sans être vulgaire, le narrateur est cash et ne passe pas par quatre chemins pour dire ce qu'il a envie de dire. 
Le seul problème, c'est qu'il manque une intrigue qui nous donne suffisamment envie de suivre le personnage. On ne sait pas où va le personnage, alors on ne sait pas si on veut réellement le suivre. J'ai adoré la première moitié du livre, mais je dois avoir été heureuse d'achever la lecture du roman car j'ai trouvé la seconde moitié un peu longue. 

J'attribue une mention spéciale, puisqu'un des personnages se nomme Pénélope, et mon égocentrisme assumé me force à le préciser et à noter ce détail dans le positif. 

Citations :
- "Le rire est une réaction à la peur, tu le sais parfaitement. Tu t'entends rire, nous t'entendons hurler."
- "Le côté paradoxal de Sa nature avait exigé que l'homme ait la possibilité de choisir librement le péché  plutôt que l'obéissance, tout en créant un homme qui ne serait jamais assez humain pour pécher."
- "Il me semble que dans mon rêve, j'avais un bébé, mais quand je l'ai mieux regardé, c'était une amande effilée."
- "Pénélope fait tout simplement partie des êtres humains aux yeux desquels imposture égale destruction."

Musique :
Cette chanson me fait penser à ce livre :

mardi 22 avril 2014

Les 10 personnages les plus complexes (Top Ten Tuesday 8)





Le Top Ten Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire défini. Ce rendez-vous a été crée par The Broke & The Bookish et repris en français sur le blog Iani.
Cette semaine le thème retenu est le suivant :

Les 10 personnages les plus complexes.


- Severus Rogues dans Harry Potter 

Sûrement mon personnage préféré dans Harry Potter ! Dès le Tome 1 il nous apparait comme un personnage aigri, amer, sombre et orgueilleux (tout ce que j'aime !!) et on découvre au fur et à mesure qu'il a derrière lui un passé qui justifie sa personnalité détestable (même si, personnellement, je l'adore !)

- La Marquise de Merteuil dans Les Liaisons Dangereuses

Je ne sais pas si j'ai besoin d'expliquer. Elle est un de mes personnages préférés de tous les livres que j'ai lus notamment par sa personnalité complexe et manipulatrice. 

- Le Vicomte de Valmont dans Les Liaisons Dangereuses

Ah je ne pouvais vous citer l'une sans vous citer l'autre. Je vous présente un homme de ma vie. Un fond manipulateur qui cache un coeur qu'il n'assume pas. Pourquoi ? Pour l'image qu'il donne à la société. Il est l'âme soeur de Merteuil (au sens littéral du terme), donc je ne pouvais que le mettre dans cette liste.

- Jarek Mace dans L'étoile du Matin

Ahhh, le méchant personnage qui est destiné à sauver le monde des forces du mal mais il refuse ce destin, puis finalement il accepte... J'adore ce personnage, il est si fier de sa personne mais il ne se sent pas à la hauteur de son destin d'autant plus qu'il ne l'a pas choisi. Bref, complexe cette personnalité !

- Kaleb dans Kaleb

Oui, ce n'est peut-être pas le personnage en lui-même qui est complexe mais plutôt sa position. Enfin, moi je me suis crée tout un mythe sur le personnage par rapport aux choix qu'il fait. Dans ma tête, Kaleb est un mec torturé qui se pose des millions de questions existentielles. Mais bon, ça, c'est dans ma tête.

- Le Bourbon Kid dans Le Livre Sans Nom

Je crois que c'est dans le second tome que l'on apprend pourquoi/comment le Bourbon Kid est devenu un tueur sans pitié. Dans le Tome 3, on découvre qu'il n'est pas aussi cruel qu'on le pense (enfin... on découvre qu'il lui reste un tout petit bout de coeur), et c'est un personnage que l'on aime malgré le fait qu'il tue des centaines de personnes de sang froid.


Ce sera un Top 6 cette semaine, sauf si je trouve d'autres personnages pour compléter la liste (ils ne me viennent pas de suite, mais il est possible que j'ai une illumination dans la journée !)

vendredi 18 avril 2014

Sylvain Mazas - Ce livre devrait me permettre de résoudre le conflit au Proche-Orient, d'avoir mon diplôme et de trouver une femme, Tome 2

Quatrième de couverture :
Dans son premier tome, au titre prometteur, Sylvain nous annonçait la paix, la réussite et l'amour. Il revient, neuf ans après avoir écrit la première version (allemande) de son livre à succès paru en juin 2012 en France... Bien des choses ont changé, mais où en est-il de son programme ? Avec force schémas, dessins et beaucoup d'humour, Sylvain poursuit sa course au bonheur, il s'attaque avec bonne humeur à la deuxième partie de son ambitieux programme... Le premier tome, dont la version française atteint déjà son quatrième tirage, a (presque) permis à l'auteur d'avoir son diplôme. Peut-être la partie la plus facile ? Pas si sûr... Car, s'il n'a (apparemment) pas encore résolu le conflit au Proche-Orient, il se pourrait bien qu'en route il ait réussi à être tout de même un peu plus heureux et même à trouver l'amour. Et ce grâce à un allié de poids : les maths. Si, si.

Mon avis : 17/20 - COUP DE COEUR -
Je ne vais pas m'étendre réellement plus au sujet de ce livre/BD puisque j'aurais l'impression de répéter la plupart des choses que j'ai dite dans la chronique du Tome 1. Le concept est toujours le même, une réflexion sur la guerre (en générale) et sur le conflit du Proche-Orient. Encore une fois, l'auteur/dessinateur nous emmène avec lui grâce à ces petites explications et ses dessins explicites. Mon non-amour pour les mathématiques fait que certaines explications me paraissaient beaucoup plus complexes que dans le premier tome, mais c'est personnel je pense. Le gros point positif, c'est que Sylvain Mazas fait le bilan sur ce qu'il s'est passé entre l'écriture du premier livre et le second et c'est plutôt amusant de voir l'évolution de sa vie et des différents projets dont il nous parlait dans le premier livre. 
J'attends avec impatience la sortie de troisième tome, en espérant qu'il soit à la hauteur des deux premiers, et je n'en doute absolument pas. 

lundi 14 avril 2014

Myra Eljundir - Kaleb, Tome 3 : Fusion

Quatrième de couverture :
La prophétie du volcan prédit l'avènement d'une nouvelle ère, initiée par l'Elu... Or qui, de Kaleb, Abigail, le colonel Bergsson ou encore Mary-Ann bouleversera à jamais le destin des enfants du volcan ? Et si la mort est la clé, tous ne sont-ils pas des morts en sursis ? Seul le Livre du volcan peut apporter des réponses à Kaleb et lui permettre de survivre au volcan qu'il a réveillé. Mais le tenir entre ses mains peut se révéler plus destructeur que tout... Ce dernier tome de la trilogie de Kaleb lève le voile sur une mythologie qui prend racine bien au-delà de ce que vous pouviez imaginer. Plus que jamais, il est question de pouvoir, de sombre passion, de manipulation machiavélique et du parfum sulfureux d'une saga millénaire dont le dénouement pourrait bien vous faire penser que tout est bien qui finit mal.

Mon avis : 18/20 - COUP DE COEUR -

(Spoil possible)

Plus glauque que ses deux prédécesseurs, ce troisième tome finit cette trilogie en beauté. On a enfin la méchanceté et la cruauté que l'on attendait tant dans les deux premiers tomes. Les différentes histoires du Livre du Volcan ne peuvent laisser le lecteur indifférent ce qui le lie un peu plus avec l'empathe. Les récits du Livre du Volcan sont mis en parallèle avec celui de Kaleb et l'alternance de ceux-ci rend l'histoire haletante et l'on veut connaître le dénouement de chacun d'entre eux, ce qui maintient le lecteur en haleine tout au long de l'oeuvre. 
Les personnages sont fidèles à eux-mêmes, on aime toujours autant Kaleb et ses confrères du volcan sans vraiment avoir de raison spécifique pour l'apprécier. Chacun a sa place dans la prophétie mais on aurait préféré que certains personnages soient un peu plus mis en avant par rapport à Kaleb. On ne comprend pas non plus pourquoi l'auteur se met elle-même en scène dans le livre, elle aurait pu donner un nom différent à ce personnage. 
La fin de Kaleb, c'est aussi l'accomplissement de la prophétie ! Et quelle fin ! On ne s'attend absolument pas à un tel dénouement. Certains diront que cette fin est un peu tiré par les cheveux, mais il faut avouer que c'est original et qu'on ne la voyait pas venir. La cruauté n'est réellement présente qu'à la fin du tome, ce qui est un peu dommage pour l'ensemble de la trilogie (on préfèrerait que tous les tomes soient comme cette fin). 
Le seul bémol serait peut-être la rapidité de l'action finale puisqu'on attend celle-ci depuis deux tomes et elle se déroule un peu trop rapidement par rapport à l'importance qu'elle a. En tout cas, la conclusion de cette saga c'est que j'ai complètement adoré et que je la conseille à tout le monde (sauf aux personnes sensibles, même si je n'ai pas été perturbée plus que ça par les scènes censées être "choquantes"). Cela dit, j'ai vu pas mal d'avis négatifs sur cette trilogie, et je les comprends aussi. Donc... lisez-le pour vous faire votre propre opinion ! :)

Citations :
Mais je préfère mourir debout que vivre à genoux.

Musique :
Cette chanson me fait penser à ce livre :
Les Ogres de Barback - Sadique & Sévère



Résumé de la saga Kaleb : avec une moyenne de 17,6

Une saga qui a le mérite de vouloir faire changer la vision que l'on peut avoir du bien et du mal. La fine limite qui sépare ces deux soi-disant opposés. L'écriture n'est pas transcendante mais n'oublions pas que c'est une série de romans jeunesses. L'histoire est suffisamment originale pour faire sortir cette saga du lot ! Cela ne conviendra sûrement pas aux goûts de tous, mais il ne coûte rien de l'essayer, car elle en vaut la peine.
(Pour voir chaque chronique, cliquez sur la note)

18/20
17/20
18/20

mardi 8 avril 2014

Les 10 livres uniques, incomparables (Top Ten Tuesday 7)




Le Top Ten Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire défini. Ce rendez-vous a été crée par The Broke & The Bookish et repris en français sur le blog Iani.
Cette semaine le thème retenu est le suivant :

Les 10 livres uniques, incomparables.


- Pierre Choderlos de Laclos - Les Liaisons Dangereuses

Si je trouve ce livre "unique" c'est surtout parce que c'est mon livre préféré et que je ne pense pas trouver un seul livre qui lui arrive à la cheville (oui je sais, un livre n'a pas de cheville). Il est, pour moi, la perfection littéraire. 

- Anonyme - La Saga du Bourbon Kid 

Cette saga ne ressemble à rien que je connaisse à part aux films de Tarantino... Mais niveau lecture, c'est bel et bien une saga unique en son genre (que l'on peut autant aimer que détester).
--> Article.

- Jonathan Safran Foer - Faut-il Manger Les Animaux ?

Ce livre/documentaire est complètement incomparable, il m'a rendu inconsciemment végétarienne durant un mois (ça parait bête comme ça, mais c'est assez "ouf" !!). 
--> Article.

- Efraim Medina Reyez - Il était une fois l'amour mais j'ai dû le tuer 

Celui-là, c'est son écriture qui est unique, à la fois poétique et crue. Il n'y a pas d'intrigue dans le sens propre du terme mais il est vraiment plaisant à lire rien que pour le style de l'auteur.
--> Article.

- Chloé Delaume - J'habite dans la télévision

Si cette femme ne fait pas du roman avant-gardiste, je ne sais pas ce que c'est ! Ses livres ne ressemblent à rien (mais pas dans le mauvais sens du terme n'est-ce pas !) De plus, j'ai assisté à une de ses conférence, et cette femme super-méga spéciale nous donne juste envie de lire l'intégralité de sa bibliographie !!

- Woody Allen - L'Erreur Est Humaine

Ces nouvelles sont complètement déjantées et j'ai adoré ! J'ai longtemps cherché un second recueil qui puisse ressembler à celui-là, et non, impossible d'en trouver.

- Milan Kundera - Le Livre du Rire & de l'Oubli

J'ai été traumatisée par ce livre. Je le relirai bien pour savoir si le problème venait du livre ou de moi. Mais je vous assure que ce livre est très... spécial. Unique, mais pas forcément dans le bon sens.

- Gia d'Iseult - Sang Pour Sang Chocolat

Ce livre m'a mitigée et en même temps j'ai été marquée par celui-ci. Je n'ai pas totalement accrochée au bouquin et en même temps, je n'en disais que du bien. Il est à la fois génial et à la fois cliché. 

- Primo Levi - Si C'est Un Homme 

Je ne sais pas s'il est très utile de préciser en quoi ce livre est unique. C'est juste le meilleur (pire ?) témoignage de la seconde guerre mondiale. Je ne pense pas être la seule à avoir été marquée par ce livre, et je pense vraiment que dans la catégorie de "témoignage", il est incomparable.

- Torey L. Hayden - Kevin le Révolté

Pfiouuu, ce livre. Je l'ai commencé des dizaines de fois et je ne le terminais jamais. Jusqu'au jour où je me suis vraiment plongé dedans. Unique je ne sais pas, mais l'histoire de ce gamin l'est.
--> Article.

samedi 5 avril 2014

Sylvain Mazas - Ce livre devrait me permettre de résoudre le conflit au Proche-Orient, d'avoir mon diplôme et de trouver une femme

Quatrième de couverture :


Mon avis : 20/20 - COUP DE COEUR -
Wow wow wow !! Une bombe atomique ! Il est complètement impossible de reposer ce livre une fois ouvert. Sylvain nous explique en dessin sa vision de la guerre au Proche-Orient. Tout en nous racontant sa vie au Liban (oui, la quatrième de couverture ne le montre pas, mais il est français, vit à Berlin et est parti au Liban pour 3 mois afin d'obtenir son diplôme) et  ses petites anecdotes, il réussit à dévier le sujet pour nous emmener vers une réflexion sur la guerre et son intérêt (inexistant). 
L'humour se mélange à l'engagement de l'auteur, et c'est efficace car le message passe encore mieux. Le personnage ? On l'aime avant même de le connaître, il est monsieur-tout-le-monde et sa mission est de nous rappeler que nous ne savons pas tout. Il est, en quelques sortes, une version moderne et populaire de notre bon vieux Socrate. Il n'a absolument aucune prétention et c'est ce qui rend le personnage attachant. Le gros plus de ce livre, c'est l'humour (oui je me répète) que l'on retrouve dans les petits commentaires que l'auteur se fait à lui-même. Là encore, il n'y a aucune prétention dans l'humour. C'est de l'humour "bête & simpliste", mais il n'empêche absolument pas d'éclater de rire devant (oui, je pense avoir ri du début à la fin !).
 Le seul point négatif, c'est qu'à la fin de ce livre/BD, on a une seule envie : acheter le second tome. J'ai tenu 1 journée.