jeudi 31 juillet 2014

Joe Hill & Gabriel Rodriguez - Locke & Key, tome 1 : Bienvenue à Lovecraft


Quatrième de couverture :
La famille Locke est déchirée. Après le meurtre brutal du père par un étudiant déséquilibré, tous emménagent dans la vieille demeure familiale. Mais quand une île s appelle Lovecraft, la prudence est de mise ! Derrière les portes closes se dissimulent des secrets dangereux.

Mon avis : 19/20 - COUP DE COEUR -
Dans une grande période BD/Romans graphiques, me voilà complètement accroc à cette saga. Un seul tome aura suffit à me convaincre, et je le conseille déjà à toutes les personnes (aux âmes non sensibles) de mon entourage !
Locke & Key, c'est l'histoire d'une famille complètement déchirée qui déménage dans un vieux manoir familial après la mort du père de famille. Seulement, tout ne va pas se passer comme il le faudrait.
Je ne veux pas raconter plus l'histoire car j'aurais peur de spolier tout le monde. Ce qu'il faut retenir de l'histoire, c'est qu'elle mêle le fantastique à l'horreur, et les dessins servent parfaitement le côté horrifique. Loin d'être une âme sensible, certains dessins m'ont fait froid dans le dos. Le suspens prend incroyablement bien place malgré l'explicité des dessins qui pourrait desservir le côté "thriller" mais qui fait merveilleusement bien l'inverse. Le graphisme est magnifique, il n'est jamais dans le "trop" ni dans le "pas assez". Les personnages sont bien définis et ils sont surtout attachants. On ressent avec eux les émotions qu'ils éprouvent. Ils ont perdu leur père/mari, et ils en sont d'autant plus perdus eux-mêmes. 
Un très gros coup de coeur, et je ne mets que 19/20 parce que je suis frustrée de ne pas pouvoir avoir le tome 2 de suite, et surtout, de ne pas savoir quand il sera à nouveau disponible !


mercredi 23 juillet 2014

Amélie Fléchais - Le Petit Loup Rouge

Quatrième de couverture :
Il était une fois… mère louve qui envoie son louveteau porter un lapin à sa grand-mère édentée et bien trop vieille pour chasser. En chemin, il devra se méfier des méchants humains : le terrible chasseur et sa fille. Sur la route, tout désemparé d’avoir englouti par gourmandise le lapin, il suivra naïvement une petite fille qui lui contera l’histoire de sa famille, d’un gentil chasseur et de sa femme, qui aurait été mangée par de cruels loups…

Mon avis : 17/20 - COUP DE COEUR -
Nous connaissons tous le fameux conte du petit chaperon rouge. En voici l'étonnante réécriture, où le loup n'est pas le méchant de l'histoire, mais bel et bien la victime. Cette BD met en avant l'innocence du loup et la méchanceté de qui peut sortir de l'être humain qui pense "faire le bien" en tuant les "méchants animaux". Voilà une réécriture anti-humanisme (mais pas complètement) comme je les aime. Evidemment, tous les êtres humains ne sont pas montrés comme des bêtes sauvages et sans coeur, non. C'est bien la différence avec le conte original qui montrera un loup représentatif de tous les loups, alors qu'ici l'homme sera représentatif de sa propre personnalité qui ne sera pas généralisée. Le loup n'est d'ailleurs pas non plus tout innocent, il mange quand même des petits lapins ! On est dans un entre-deux intéressant : rien n'est tout beau, rien n'est tout noir.
Cet hybridité est aussi montrée à travers les merveilleux dessins qui nous plongent dans une forêt à la fois glauque et accueillante, subtil mélange entre des images supra-mignonnes et d'autres beaucoup plus noires. L'oeuvre nous plonge dans une ambiance unique qui se dégage de chacun des pages que l'on tourne. Une magnifique oeuvre que l'on voudrait moins courte.

dimanche 13 juillet 2014

Chloé Cruchaudet - Mauvais Genre

Quatrième de couverture :
Paul et Louise s'aiment, Paul et Louise se marient, mais la Première Guerre mondiale éclate et les sépare. Paul, qui veut à tout prix échapper à l'enfer des tranchées, devient déserteur et retrouve Louise à Paris. Il est sain et sauf, mais condamné à rester caché dans une chambre d'hôtel. Pour mettre fin à sa clandestinité, Paul imagine alors une solution : changer d'identité. Désormais il se fera appeler... Suzanne. Entre confusion des genres et traumatismes de guerre, le couple va alors connaître un destin hors norme.



Mon avis : 19/20 - COUP DE COEUR - 
Cette BD est un pur chef d'oeuvre. L'originalité de l'histoire n'y est pas pour rien. Un homme qui part au front, et qui décide de déserter afin de retrouver sa femme qu'il aime plus que tout. Puis pour se cacher, il doit se déguiser lui-même en femme. Ce synopsis singulier permet d'aborder un tas de sujet de façon peu commune. La guerre, mais aussi le fait de déserter. L'amour, mais aussi le déchirement d'un couple. Le travestissement qui se transforme en mal-être lorsque Paul peut enfin retrouver son identité mâle. On est véritablement observateur de leur histoire, aucun sujet n'est réellement abordé en profondeur mais c'est normal puisque l'on est uniquement là pour partager leur histoire. 
Les personnages sont à la hauteur de ce roman graphique, Louise incarne est une femme forte qui n'a pas peur de prendre de mauvaises décisions et qui se bat jusqu'au bout pour sauver son couple, mais elle est aussi adorablement douce et on ne peut que l'aimer. Paul est un peu plus complexe. C'est un personnage torturé en permanence, il est fort à sa façon, mais il détruit petit à petit le couple qu'il a tant aimé, et pourtant on n'arrive pas à le détester, on voudrait juste qu'il se reprenne pour qu'il offre à cette histoire la happy-end qu'elle mérite. La relation homme/femme s'inverse subtilement en cours de lecture (Louise qui coupe ses cheveux, Paul qui se met du vernis à ongles alors que les déserteurs ne sont plus recherchés...), et leur force de caractère se transforme aussi petit à petit. 
Ce roman graphique et inspiré d'une histoire vraie est une petite pépite, il est touchant, déroutant et émouvant. Il est tout simplement beau. 



vendredi 11 juillet 2014

Florence Dugas - Dolorosa Soror

Quatrième de couverture :
A 19 ans, que sait-on de l’amour ? Florence, la narratrice, rencontre J.P qui lui fait découvrir son goût pour la punition. Dans la douleur et l’humiliation, dit-elle, il y a l’extase. Et de coups de fouets en blessures physiques, Florence cherche à se comprendre, à s’admettre, à s’analyser. Bien au-delà d’un récit érotique, Florence Dugas nous raconte le cheminement mental qui l’a menée à la nécessité de la douleur, à ce refus d’exister dont la cause remonte au mal-être de l’enfance. Mais ce livre est aussi la quête de la passion extrême, absolue, celle qui abolit la notion du réel et conduit à la destruction. Un style direct, une écriture puissante et précise pour décrire les situations de la manière la plus authentique qui soit. Un récit poignant et bouleversant car autobiographique.

Mon avis : 17/20 - COUP DE COEUR - 
Avant tout commentaire, je tiens vraiment à remercier une fois de plus La Musardine, qui m'a gentiment proposé la lecture de ce livre. 

On pourrait croire que ce livre est un simple roman érotique qui traite du sadomasochisme comme n'importe quel autre bouquin. Il n'en est rien du tout. Certes, l'intrigue principale est celle de l'auteure, qui nous raconte son histoire avec le sadomasochisme, comment elle en est arrivée là et pourquoi elle aime autant ça. Mais ce livre est beaucoup plus profond (sans mauvais jeu de mots). On pourrait s'attendre à un vaste enchaînement de déboires sexuels (bon ok, c'est aussi un peu le cas), mais en réalité, l'histoire nous pousse à nous demander "mais jusqu'où va-t-elle aller ?"
Le lecteur est lié à la narratrice par cette envie de toujours vouloir en savoir plus. Quand la narratrice a mal, le lecteur souffre en retour mais a aucun moment on ne franchit la barrière du "sale". Pourtant, l'écriture est crue, mais l'auteur réussit parfaitement à intégrer ce côté-là à une écriture plus tendre, voir poétique. D'autre part, la volonté de "se faire mal" n'est pas gratuite, la narratrice nous présente les différentes étapes mentales qui l'ont menée à avoir besoin du sadomasochisme pour se punir elle-même afin de se sentir mieux. Cette partie plus psychologique n'est pas réellement développée, mais on ressent que sa place est importante sans qu'elle ne soit évoquée à longueur de temps. 
Ce sombre roman ne répond pas aux critères des "romans érotiques" que l'on connait, il n'est pas là pour combler la curiosité malsaine du lecteur, mais une véritable tension est présente tout au long de l'oeuvre, et à aucun moment on ne tombe dans les clichés du sadomasochisme "gentillet" qui pourrait pourtant beaucoup plus plaire au grand public.
Cette prise de risque (car même si c'est un roman autobiographique, je pense tout de même que c'est une prise de risque) apporte beaucoup, cela donne au roman un côté "unique", il parle de sexe mais reste un roman très sombre. Ce livre marque les esprits et ne peut laisser indifférent qui que ce soit, positivement ou négativement. 


Musique :
Cette chanson me fait penser à ce livre :

mercredi 9 juillet 2014

Riad Sattouf - L'Arabe du Futur, Tome 1 : Une jeunesse au Moyen-Orient (1978 - 1984)

Quatrième de couverture :
Ce livre raconte l'histoire vraie d'un enfant blond et de sa famille dans la Libye de Kadhafi et la Syrie d'Hafez Al-Assad. Né d’un père syrien et d’une mère bretonne, Riad Sattouf grandit d’abord à Tripoli, en Libye, où son père vient d’être nommé professeur. 
Issu d’un milieu pauvre, féru de politique et obsédé par le panarabisme, Abdel-Razak Sattouf élève son fils Riad dans le culte des grands dictateurs arabes, symboles de modernité et de puissance virile.En 1984, la famille déménage en Syrie et rejoint le berceau des Sattouf, un petit village près de Homs. Malmené par ses cousins (il est blond, cela n’aide pas…), le jeune Riad découvre la rudesse de la vie paysanne traditionnelle. Son père, lui, n’a qu’une idée en tête : que son fils Riad aille à l’école syrienne et devienne un Arabe moderne et éduqué, un Arabe du futur.

Mon avis : 17/20 - COUP DE COEUR - 
Ce roman graphique et autobiographique nous transporte dans le Moyen-Orient, dans les années 1978-1984. Riad Sattouf, un enfant aux longs cheveux blonds, va y passer son enfance. C'est au coeur de la Libye qui porte un culte à Kadhafi et de la Syrie d'Hafez al-Assad que l'auteur nous plonge, et c'est à travers le regard innocent d'un enfant que l'on découvre ces univers historiques. Cette BD est à la fois très documentée et comique, puisque l'on apprend beaucoup de choses plus ou moins surréalistes, qui ont réellement existé. On vit cette histoire à travers les yeux d'un enfant, et le décalage entre son opinion naïve et la réalité renforce le côté amusant de l'oeuvre. Il voit Kadhafi comme un mec super cool et veut lui ressembler plus tard, il le compare à Hafez al-Assad qu'il trouve beaucoup moins "beau". Le personnage de Riad est attachant, on ne peut que l'aimer. Sa naïveté et son innocence nous force à l'apprécier et à avoir les mêmes attentes que lui. 
Les deux autres personnages importants dans ce roman graphique sont les parents de Riad. Son père est obsédé par l'idée de "l'arabe du futur" et il veut absolument faire sortir les musulmans de l'obscurantisme religieux, pourtant il a lui-même tendance a rentrer dans ce même obscurantisme. Le père de Riad est un personnage très complexe, et on a du mal à savoir si on l'apprécie ou non. Il est en permanence partagé entre la vie moderne et traditionnelle. Quant à la mère de Riad Sattouf, c'est aussi un personnage complexe, car on ne comprend pas pourquoi elle, une femme occidentale, suit son mari dans toutes ses aventures, et on attend parfois qu'elle se "révolte" face aux dires de son mari et/ou des personnes qui l'entourent. 
La simplicité des dessins contraste avec certains aspects historiques plus complexes, mais elle aide aussi à porter l'intérêt sur cette même histoire. Les petites annotations bien présentes sont bien souvent très drôles et malgré la simplicité des dessins, les expressions des personnages sont très bien retranscrites, ce qui fait que l'on devine facilement le ton sur lequel les phrases sont prononcées.
On attend le prochain tome avec impatience, on a hâte de découvrir ce que vont devenir Riad et ses parents. L'évolution de cette famille étant marquée par un côté "documentaire", cette oeuvre en est d'autant plus intéressante, amusante et passionnante. 

mardi 8 juillet 2014

Les 10 auteurs que vous avez rencontrés (Top Ten Tuesday 10)







Le Top Ten Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire défini. Ce rendez-vous a été crée par The Broke & The Bookish et repris en français sur le blog Iani.
Cette semaine le thème retenu est le suivant :

Les 10 auteurs que vous avez rencontrés.


- Gilles Paris

Cet auteur, c'est la gentillesse incarnée ! Je l'ai rencontré à la Fête du Livre de Talloires en 2012, puis à ce même évènement en 2014. C'est d'ailleurs grâce à cette rencontre que j'ai découvert son oeuvre, et devinez quoi ? En plus d'être gentil, il écrit des livres magnifiques. 

- Tatiana de Rosnay

Ahhh, cette auteure est à mettre dans le même lot que Gilles Paris, d'ailleurs ils étaient voisins de table lors de la Fête du Livre et ce n'est sûrement pas pour rien. Ils prennent le temps de parler avec leurs lecteurs et ils sont heureux d'être là, ça se voit !

- Jeremy Ferrari

Quoi ? Ce n'est pas un écrivain me direz-vous. Ouais, mais il a quand même un livre à son nom, alors je prends le droit de le citer quand même. Voilà un mec qui fait passer ses fans avant tout. En dédicace à Grenoble, alors que les vigiles interdisaient aux derniers arrivants de passer (car Jeremy devait partir faire ses prises de sons), il a demandé à ce que les gens viennent quand même à la dédicace et il a réitéré cette demande à chaque nouvel arrivant (j'étais une des premières refusées par le vigile, donc je peux vous le garantir : cet homme aime son public.)

- David Foenkinos

Encore à la Fête du Livre de Talloires, mais pour l'année 2013 cette fois-ci, j'ai eu la chance de rencontrer l'auteur. Bon, il était en grande discussion avec une de ses lectrices alors je n'ai pas eu l'occasion de réellement lui parler, mais l'observation m'a suffit pour avoir une bonne image de lui : encore un auteur qui aime son lectorat. 

- Chloé Delaume

Je tiens à parler de cette auteure, car je l'ai rencontrée dans le cadre de mes études en Lettres Modernes, et l'on devait assister à la conférence d'un auteur et lire une de ses oeuvres. Après avoir assisté à cette conférence "spéciale mais méga cool", l'auteure nous a fait des dédicaces pendant sa "pause clope" (oui, je vous laisse imaginer le personnage) ! Cette femme est extraordinaire, je pense que l'on peut l'adorer ou la détester mais elle ne laisse pas indifférente. Sa rencontre, même si elle n'en sait rien et même si on a très peu parler, m'a vraiment marquée et a changé ma visions sur beaucoup de choses de la vie.

- Yann Quéffelec 

Encore un personnage ! Vous savez, en soi les dédicaces m'importent peu. En fait j'aime découvrir le personnage qui se cache derrière l'auteur (mais en fait, je déteste aussi ça, car si j'apprécie l'auteur, je me sens obligée d'apprécier les oeuvres, et vice-versa). Alors, à chaque fois que je fais dédicacer un livre, je le fais au nom de "Dieu" (seulement depuis cette année en réalité). Et je crois que c'est l'auteur qui m'a fait le plus rire quand je lui ai dit que c'était "pour Dieu". Cet écrivain est complètement taré, il a la joie de vivre et il vous met très à l'aise. 

- Benjamin Lacombe

Oui je sais, c'est un illustrateur, mais pour moi ça compte pareil !! Vous savez sûrement que j'aime d'amour toutes les illustrations de Benjamin Lacombe, je suis tombée amoureuse de son coup de crayon ! Le problème... c'est que j'ai beaucoup moins aimé l'homme. Je n'ai pas envie de casser du sucre sur le dos des gens ici, mais en tout cas, je préfère de loin ses illustration que sa personne.

- Annie Ernaux

Encore une auteure que j'ai rencontré dans le cadre des cours. Je ne lui ai pas parlé personnellement, mais j'ai été attentive aux questions/réponses. Je tiens à préciser tout de même que j'ai préféré l'auteure à l'oeuvre que j'ai lu et étudié. Elle était beaucoup plus intéressantes en "live".


- Jean-Philippe Toussaint

Voilà un auteur bien imbu de lui-même. Encore une fois, je ne suis pas là pour tailler des gens, mais cet auteur m'a été antipathique dès qu'il est arrivé en conférence (encore pour mes cours !). Il est le seul génie qu'il connaisse. Alors bon, je n'ai rien à ajouter, de toute façon j'ai quitté la conférence rapidement tant je m'énervais seule dans mon coin. (et je n'étais pas la seule !)


- Jean-Marie Gourio

Je me permets de citer le célèbre auteur des Brèves de Comptoir, puisqu'il vit dans le village où je travaille (sur 68 habitants, je vous assure qu'on connait tout le monde). C'est d'ailleurs lui qui a eut l'idée de faire la fameuse Fête du livre de Talloires, alors je ne pourrais que le remercier. Je ne lui ai jamais vraiment parlé, mais je le vois souvent au loin, il est nature et ne joue pas de rôle. D'ailleurs vous DEVEZ lire ses brèves !