dimanche 28 septembre 2014

Pierre Chorderlos De Laclos - Les Liaisons Dangereuses

Quatrième de couverture :
La jeune Cécile Volanges quitte son couvent pour faire l’apprentissage du monde et épouser le comte de Gercourt, mais une de ses parentes, la marquise de Merteuil, entend profiter de ce projet de mariage pour se venger d’une infidélité que lui a faite autrefois Gercourt. Elle charge donc son complice, le vicomte de Valmont, de pervertir Cécile avant ses noces. Mais loin de Paris, dans le château de sa vieille tante, Valmont s’est de son côté mis en tête de séduire la dévote présidente de Tourvel, et une idylle bientôt se noue entre la « petite Volanges » et le jeune Danceny.

Mon avis : 20/20 - COUP DE COEUR -
Vous ai-je déjà parlé de mon livre préféré de tous les temps ? Non ? C'est sûrement parce qu'aucun mot n'est capable d'exprimer l'amour que je lui porte. (Puisque je vais tenter d'être un minimum objective, je pense que la chronique sera courte, mais les citations parleront d'elles-mêmes !)
Ce roman épistolaire est un concentré de perfection. Déjà, l'intrigue. Elle est complètement malsaine et la polyphonie de l'oeuvre renforce la perversité de l'ouvrage. L'histoire est tellement invraisemblable que l'on se demande jusqu'où elle peut aller et comment le dénouement va pouvoir rétablir une stabilité dans cette société aux moeurs douteuses.
Les personnages sont absolument uniques. Chaque personnalité est particulière et marquée par sa complexité. Même en étant hors du texte, le lecteur a l'impression de connaître chacun d'entre eux tant ils sont à la fois immoraux, humains mais aussi attachants.  Le duo Valmont-Merteuil ne peut laisser indifférent tant les personnages sont travaillés.
C'est avec un style littéraire comme celui de Laclos que l'on peut parler de Littérature. L'écriture est magnifiquement travaillée et chaque personnage possède son propre style ce qui leur permet de les distinguer les uns des autres à leur simple façon d'écrire. Chaque lettre est un concentré de poésie parfois mêlée à la perversité, parfois intégrées à la naïveté. 
Cette oeuvre n'est pas seulement "plaisante" à lire, elle fait réfléchir sur beaucoup d'aspects. Elle est assez intemporelle, car même si les moeurs ont beaucoup changées de notre temps, les enjeux de certains personnages peuvent être actualisés. 

"Vos ordres sont charmants ; votre façon de les donner est plus aimable encore ; vous feriez chérir le despotisme."
"On peut citer de mauvais vers, quand ils sont d'un bon poète."
"Il m'appellerait perfide, et ce mot perfide m'a toujours fait plaisir ; c'est, après celui de cruelle, le plus doux à l'oreille d'une femme, et il est moins pénible à mériter."
"Sérieusement, le bonheur parfait qu'il trouve à être aimé de moi, m'attache véritablement à lui."
"J'ai été étonné du plaisir qu'on éprouve en faisant le bien ; et je serais tenté de croire que ce que nous appelons les gens vertueux, n'ont pas tant de mérite qu'on se plait à nous le dire."
"Ah ! Laissez-moi vous croire parfaite, c'est le seul plaisir qu'il me reste."
"Cette marche peut réussir avec les enfants, qui, quand ils écrivent 'je vous aime', ne savent pas qu'ils disent 'je me rends'."
"Me voilà comme la Divinité ; recevant les voeux opposés des aveugles mortels, et ne changeant rien à mes décrets immuables."
"Je suis bien aise d'ailleurs de vous faire voir que si j'ai le talent de perdre les femmes, je n'ai pas moins, quand je le veux, celui de les sauver."
"Il faut convenir qu'il eut été plaisant de la laisser dans cette situation : mais pouvais-je souffrir qu'une femme fût perdue pour moi, sans l'être par moi ?"
"Pour vous autres hommes, les défaites ne sont que des succès de moins."
"Ces tyrans détrônés sont devenus mes esclaves."
"Je puis dire que je suis mon ouvrage."
"Ma façon de penser fut pour moi seule, et je ne montrai plus que celle qu'il m'était utile de laisser voir."
"Je vous désirais avant de vous avoir vu."
"Séduite par votre réputation, il me semblait que vous manquiez à ma gloire ; je brûlais de vous combattre corps à corps."
"Il faut vaincre ou périr."
"De quel avantage sera-t-il donc pour ma fille d'être née riche, si elle n'en doit pas moins être esclave de la fortune ?"
"Non, elle n'aura pas les plaisirs du vice et les honneurs de la vertu."
"Vous avez voulu que je sois malheureux ; je vous prouverai que vous avez réussi au-delà de vos souhaits."
"Ma comparaison me parait d'autant plus juste, que, comme lui, jamais vous n'êtes ni l'amant ni l'ami d'une femme ; mais bien toujours son tyran ou son esclave."

Adaptations Cinématographiques :
- Les Liaisons Dangereuses de Stephen Frears (1988) : c'est, selon moi, une très bonne adaptation cinématographique. Evidemment, on perd totalement le côté épistolaire. Mais les personnages sont très ressemblants et on oublie que l'adaptation n'est pas parfaite grâce à eux. (Glenn Close & John Malkovich incarnent particulièrement bien les personnages !)
Pour plus d'info sur cette adaptation, je vous mets le lien de Alys, qui a fait un très bel article dessus (que je plussoie !)
- Sexe Intentions de Roger Kumble (1999) : ahh, cette version moderne fait perdre absolument tout le charme de l'oeuvre, puisqu'en changeant d'époque, on change de moeurs. Aussi, la vertu n'est absolument plus considérée de la même façon qu'à l'époque du livre.

jeudi 25 septembre 2014

First Sentence Challenge

Bon, je crée un article un peu pourri, juste pour vous poster le lien d'une vidéo où je montre mon faciès. Et oui, Emilie étant mon acolyte de lecture, j'ai fait une apparition dans sa dernière vidéo, donc je ne sais point si cela vous intéresse vraiment, mais en tout cas, j'ai beaucoup ri à tourner cette vidéo avec ces deux imbéciles que j'aime d'amour. (La fille trop classe à gauche, c'est moi !)


vendredi 19 septembre 2014

Questionnaire Livresque de A à Z (TAG)

Et bien, je me suis auto-tagguée (oui, je suis comme ça moi !) car ce TAG existe en vidéo (genre si tu cliques sur cette phrase, tu vas tomber sur ma poto, elle fait des trucs cool mais faut pas trop lui dire !)

Bon, je vais quand même expliquer le principe rapidement : une lettre représente un mot, chaque mot est associé à une "question". En gros. En pratique ça donne ça.

A pour "Auteur" 

Auteur dont tu as lu le plus de livres.

Et bien, sans compter les Chair de Poule, en réalité... j'en ai 3 qui sont ex-aequo (mes horizons sont si variés) et ce sont Jean Teulé, Albert Camus et Anonyme avec 4 livres au compteur (je sais, c'est pas beaucoup) !! 
Non, ne me citez pas J.K Rowling, car je n'ai pas encore fini de lire les Harry Potter (et non, je n'ai pas honte d'être une retardée !) 

B pour « Best » 

La meilleure « suite » de série.

Pour rester dans les livres et ne pas dériver sur les BD, je dirais que c'est la saga du Bourbon Kid, dont l'auteur Anonyme est cité dans la question juste au-dessus.


C pour « Current »

Lecture en cours.

Je suis en pleine relecture de mon livre préféré de tous les temps : Les Liaisons Dangereuses de Laclos !


D pour « Drink » 

La boisson qui accompagne tes lectures.

Hum, bien souvent de l'eau. Parfois du thé. Plus rarement du café. 


E pour « E-book » 

E-books ou romans papier ?

Les deux. Les E-books sont bien pratiques, mais je suis obligée de posséder en format papier les livres que je lis sur liseuse. Bouuuh la matérialiste !


F pour « Fictif » 

Un personnage fictif avec lequel tu serais effectivement sortie au lycée.

Je ne vais pas citer Valmont car lui je l'aurais séquestré en attendant qu'il développe le syndrome de Stockholm, mais ça se serait passé après le lycée. Alors je dirais Kaleb, de saga éponyme. T'es BG et tatoué, tu t'attendais à quoi ?


G pour « Glad » 

Un roman auquel tu es contente d’avoir donné une chance.

David Gemmell - L'Etoile du Matin ! Car ce livre m'a fait découvrir que j'aimais l'héroïque-fantasy, et oui, j'étais persuadée que ce n'était pas le cas !


H pour « Hidden » 

Un roman que tu considères comme un joyau caché.

Il était une fois l'amour mais j'ai dû le tuer de Efraim Medina Reyes (vous ne comprenez donc pas que l'écriture de cet homme est parfaite ??)


I pour « Important » 

Un moment important dans ta vie de lectrice.

Et bien, c'est ma rencontre avec la catin dont je vous ai mis le lien plus haut (si si, la longue phrase où tu peux cliquer !). Parce que c'est à cause d'elle que j'ai découvert à quel point j'aimais lire, et c'est à cause d'elle que je balance du flouz dans les livres à chaque fois. Et c'est grâce à elle que j'ai crée ce blog aussi. (Non, je n'aime pas le pathos donc je ne compte pas la remercier.)


J pour « Juste » 

Le roman que tu viens juste de finir.

Ce n'est pas vraiment un roman, mais je le cite quand même : Marie Minelli - Les filles bien n'avalent pas ! (Et je le recommande, car il est quand même très cool !)


K pour « Kind » 

Le genre de romans que tu ne liras jamais.

Non, je veux pas être fermée, en plus il ne faut jamais dire jamais. Mais je ne lirai de la bit-lit sous contrainte. ("Hey toi, tu lis ce livre ou je te noie dans ton propre sang !").
Non, en réalité je n'ai rien contre ce genre littéraire, c'est juste que j'ai l'impression que le schéma type est trop récurrent. 

L pour « Long » 

Le roman le plus long que tu aies jamais lu.

Ce sont Les Âmes Vagabondes de Stephenie Meyer avec 829 pages dans mon édition. 


M pour « Major » 

Le roman qui t’a causé le plus gros « book hangover » (« trop plein » livresque – tu ne pouvais plus rien lire après ça).

L'Enéide de Virgile. Ne rigolez pas, ce livre m'a été imposé pour les cours juste après qu'on nous ait fait lire l'Odyssée (pour la 3e fois -_-). Bref, je n'ai pas lu 2 chapitres que je n'ai plus touché un livre après. Ce livre est maudit, je suis malade dès que je le vois. 


N pour « Nombre » 

Le nombre de bibliothèques (meubles) que tu possèdes.

J'ai deux bibliothèques, et ça vous fait une belle jambe hein ?


O pour « One » 

Un roman que tu as lu plusieurs fois.

C'est le seul et l'unique, je l'ai déjà cité précédemment car je l'aime d'amour : Les Liaisons Dangereuses de Laclos. Bon, c'est la première fois que je le relis, mais c'est aussi la première fois que je relis un livre !


P pour « Préféré » 

Ton endroit préféré pour lire.

Mon canapé, assise par terre, en marchant (oui j'adore lire en marchant)... En fait partout.


Q pour « Quote » 

Une citation, d’un livre que tu as lu, qui t’inspires ou qui te fait ressentir plein d’émotions.

Ouuuh, je sans que vous en avez déjà marre d'entendre parler de ce livre, mais voilà la citation qui me rend toute chose : 
"On s’ennuie de tout, mon Ange, c’est une loi de la Nature ; ce n’est pas ma faute.
Si donc je m’ennuie aujourd’hui d’une aventure qui m’a occupé entièrement depuis quatre mortels mois, ce n’est pas ma faute.
Si, par exemple, j’ai eu juste autant d’amour que toi de vertu, et c’est sûrement beaucoup dire, il n’est pas étonnant que l’un ait fini en même temps que l’autre. Ce n’est pas ma faute.
Il suit de là, que depuis quelque temps je t’ai trompée : mais aussi, ton impitoyable tendresse m’y forçait en quelque sorte ! Ce n’est pas ma faute.
Aujourd’hui, une femme que j’aime éperdument exige que je te sacrifie. Ce n’est pas ma faute.
Je sens bien que te voilà une belle occasion de crier au parjure : mais si la nature n’a accordé aux hommes que la constance, tandis qu’elle donnait aux femmes l’obstination, ce n’est pas ma faute.
Crois-moi, choisis un autre amant, comme j’ai fait une autre maîtresse. Ce conseil est bon, très bon ; si tu le trouves mauvais, ce n’est pas ma faute.
Adieu, mon ange, je t’ai prise avec plaisir, je te quitte sans regret : je te reviendrai peut-être. Ainsi va le monde. Ce n’est pas ma faute.
" [Laclos - Les Liaisons Dangereuses]


R pour « Regret » 

Un regret de Lecteur.

Ne toujours pas avoir lu American Desperado qui traîne dans ma bibliothèque. Je meurs d'envie de l'ouvrir, mais je suis assez faible : j'ai peur des gros pavés. 


S pour « Série » 

Une série que tu as commencée mais jamais finie (et dont tous les livres sont sortis).

Oui, vous l'aviez compris : Harry Potter ! (Bon ok, pour contredire ce que j'ai dit plus haut : je ne suis pas très fière de ne toujours pas les avoir fini !)


T pour « Trois » 

Trois de tes livres préférés de tous les temps.

Juste trois ?
- Les Liaisons Dangereuses de Choderlos de Laclos (Number one dans mon coeur si vous n'aviez pas deviné)
- Mangez-le si vous voulez de Jean Teulé (perturbant, dérangeant, mais génialissime !)
- Notre-Dame de Paris de Victor Hugo (j'ai mis 6 mois pour le lire, mais quelle beauté !)






U pour « Unapologetic » 

Quelque chose dont tu n’éprouves absolument aucun remords d’être fan(girl).

CHAIR DE POULE POWEEEEEER :D 


V pour « Very » 

Un roman dont tu attends la sortie avec grande impatience, plus que celle des autres.

Le 3e et dernier tome de : Ce livre devrait me permettre de résoudre le conflit au Proche-Orient, d'avoir mon diplôme et de trouver une femme de Sylvain Mazas (j'ai un peu triché car c'est un livre illustré, mais c'est la seule sortie que j'attends réellement !)


W pour « Worst » 

Ta pire habitude livresque.

Je corne le bas d'une page dès que j'y trouve une citation que j'aime, et le haut d'une page dès qu'une référence que je ne connais pas m'intéresse. Mais je ne retourne jamais dans un livre pour tout noter.



X pour « X » 

Commence à compter en haut à gauche de ton étagère (la plus proche) et prends le 27ème livre.

Silo de Hugh Howey ! (Ca aussi ça te fait une belle jambe de le savoir ! Te voilà donc muni d'une belle paire de guiboles !)


Y pour « Your » 

Ton dernier livre acheté.

Nineteen-Eighty-Four de George Orwell (je suis bilingue t'asvu)


Z pour « ZzZ » 

Le livre qui ta volé ton ZzZ (le dernier livre qui t’a tenue éveillée bien trop tard la nuit).

La Conjuration Primitive de Maxime Chattam : à défaut d'être resté éveillée tard dans la nuit, je rêvais de ne pas travailler le lendemain pour pouvoir passer la nuit dessus.



Vu que j'ai beaucoup aimé ce TAG malgré sa longueur, je vais tagger plusieurs copines ! Donc Xenaddict, Cranberries, Les femmes qui lisent sont dangereuses, Alys & pourquoi pas Leelysbook aussi !

mardi 16 septembre 2014

Les 10 auteurs dont vous n'avez lu qu'un seul livre mais aimeriez en lire d'autres (Top Ten Tuesday 11)





Le Top Ten Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire défini. Ce rendez-vous a été crée par The Broke & The Bookish et repris en français sur le blog Iani.
Cette semaine le thème retenu est le suivant :

Les 10 auteurs dont vous n'avez lu qu'un seul livre mais aimeriez en lire d'autres.


1. Maxime Chattam

Je n'ai lu que La Conjuration Primitive de Chattam, mais ça m'a suffit pour tomber amoureuse de cet auteur. Et je compte bien lire une grosse partie de sa bibliographie !

2. Efraim Medina Reyes

Encore un auteur dont je suis tombée amoureuse. Son livre Il était une fois l'amour mais j'ai dû le tuer est une tuerie littéraire, son style d'écriture est complètement magique, et il arrive à ne rien nous raconter en le faisant bien. 

3. Yves Paccalet 

Après avoir lu son essai L'Humanité disparaîtra, bon débarras ! j'ai compris que j'étais sur la même longueur d'onde que cet auteur. J'ai donc décidé d'ajouter ses autres oeuvres à ma wish-list.

4. David Gemmell

Il faut dire qu'avec L'étoile du Matin ce grand monsieur m'a fait re-découvrir et aimer un genre littéraire que j'avais longtemps mis de côté. 

5. Franck Thilliez

Je n'ai lu que L'encre & le Sang que cet auteur a écrit en binôme avec Laurent Scalese. J'aimerais donc découvrir une de ses oeuvres dont il est le seul meneur. 

6. Pierre Desproges

Beaucoup de petits livres d'humour noir sont écrits par ce grand nom. Je n'en ai lu qu'un mais j'ai déjà dans ma PAL un second livre prêt à s'ouvrir.

7. Amélie Nothomb

Non non, rien à voir avec le fait qu'elle s'est retrouvée nue dans le lac de ma bien-aimée ville natale, mais le seul livre que j'ai lu de cette auteure, Antéchrista, ne m'avait pas totalement convaincue, et je veux lui laisser une seconde chance.

8. Laurent Gounelle

J'adore les livres qui nous font travailler notre vision de nous-mêmes, et tous les livres de cet auteur le font, apparemment, à merveille. Alors j'espère les aimer autant que le premier livre que j'ai lu de lui.

9. Gilles Paris

Cet auteur possède une plume si unique que l'on ne peut que succomber à ses oeuvres. Il me faut absolument lire les autres !!! Et si vous n'avez pas encore lu Au Pays des Kangourous, jetez-vous dessus !

10. Chevy Stevens

Après avoir lu Séquestrée, je me demande si l'auteure peut rester aussi haut dans mon estime avec une seconde oeuvre. Est-ce que l'on aura à nouveau le droit à un thriller tout en finesse ?

lundi 15 septembre 2014

Marie Minelli - Les filles bien n'avalent pas

Quatrième de couverture :
Les filles bien ne couchent pas le premier soir », « les filles bien ne disent jamais de gros mots », « les filles bien n’avalent pas »… Ça, c’est ce que la société, les magazines féminins, votre mari, votre mère (ou pire : votre belle-mère) essayent de vous inculquer. Marie Minelli démonte ici un par un, à grand renfort de témoignages, de quizz, de tests et avec beaucoup d’humour, les clichés liés à la sexualité féminine. Bienvenue dans la VRAIE VIE SEXUELLE DES FILLES, celle dont on ne parle ni dans les romances érotiques, ni dans les magazines, ni dans les films porno… Arrêtons de prendre le sexe trop au sérieux et de nous imposer des règles édictées par des journalistes pseudo-sexologues. JOUIR et RIRE, voilà notre programme drôlement subversif !

Mon avis : 14/20
Avant tout commentaire, je tiens vraiment à remercier une fois de plus La Musardine, qui m'a gentiment proposé la lecture de ce livre. 

Avant de me laisser perplexe, ce livre est avant-tout une petite bombe lancée sur tous les clichés que l'on peut avoir sur la sexualité de la femme. L'avant-propos est d'ailleurs particulièrement représentatif de ce que l'on pense être la mentalité générale des femmes, et l'auteure n'hésite pas à pointer celles-ci du doigt aussi. Et oui, et c'est très important pour moi : les clichés et les stéréotypes ne sont pas seulement véhiculés par les "vilains méchants hommes", mais aussi par les femmes elles-mêmes. Chaque idée reçue est démontée une à une avec humour via des témoignages et autres statistiques. Et l'idée de base est bonne, très bonne même. C'est une lecture légère et il ne faut pas la prendre autrement.
Mais ce qui me dérange dans ce livre, c'est que l'intention est bonne mais l'auteure crée involontairement de nouveaux clichés pour casser les idées préconçues. Le problème dans ce genre de livre est souvent le même : la tendance à généraliser.  Tout est noir ou blanc, et on a tendance à oublier les choix personnels de chacun. Je ne dis pas que l'auteure le fait tout le long, car ce n'est pas le cas, mais quelques détails sont parfois un peu dérangeants. Par exemple, les personnes qui pourraient se sentir concernées par les "idées reçues" se voient donc pointées du doigt à la lecture de ce livre qui veut manifestement produire l'effet inverse. La gente masculine est aussi un peu trop pointée du doigt à mon goût (même si l'auteure prend tout de même la peine d'enlever quelques clichés masculins aussi). Nous sommes tous différents, et si certaines personnes sont des stéréotypes, c'est peut-être leur choix. Est-ce trop dur à accepter ?

dimanche 7 septembre 2014

Sarah Pinborough - Les Contes des Royaumes, Tome 3 : Beauté

Quatrième de couverture :
La Belle au bois dormant, le conte de fées revisité : cruel, savoureux, et tout en séduction. Rappelez-vous la forteresse cernée de ronces, le courageux prince, le fuseau ensorcelé et la douce princesse endormie qui n’attend que d’être réveillée… et à présent, ouvrez ce livre et plongez dans la véritable histoire de la Belle au bois dormant, telle qu’elle n’a jamais été révélée…

Mon avis : 17/20 - COUP DE COEUR -
Ce dernier tome est carrément explosif. Beaucoup plus sombre que ses prédécesseurs, il nous présente une réécriture très intéressante de la Belle au Bois Dormant. On retrouve le chasseur et le prince que l'on a déjà rencontré dans les précédents tomes, et quoi de plus normal quand on sait que ce tome se déroule chronologiquement avant les tomes 1 et 2. L'auteure mêle une nouvelle fois plusieurs contes, elle mélange les personnages et redistribue les rôles qui défendent le Bien & le Mal. Les personnages ont beau être moins "attachants" que dans le second tome, l'histoire est tellement bien trouvée que l'on ne peut décrocher du livre une fois ouvert. Les différentes histoires s'emboîtent parfaitement entre elles et arrivent à nous surprendre jusqu'à la fin. 
La tournure tragique et la noirceur que prend le conte m'a complètement conquise. Ce tome est peut-être le plus travaillé des trois, car dans celui-ci, les mélanges de contes se font comme une évidence, et les références sont beaucoup plus subtiles que dans ses prédécesseurs. L'intrigue est elle-même beaucoup plus complexe et les dilemmes qui se présentent aux personnages sont cornéliens, ce qui garde l'attention du lecteur jusqu'à la fin de l'oeuvre.

Résumé de la saga Les Contes des Royaumes : une moyenne de 16/20

Ces livres ne sont pas seulement beaux (oui oui, je t'entends déjà me traiter de lectrice superficielle), ils sont prenants et les réécritures sont de plus en plus originales au fil des tomes. Si vous n'avez pas complètement accroché au premier tome, essayez quand même le second, car il est déjà bien différent, et selon moi, la qualité va crescendo jusqu'au troisième tome qui est carrément explosif et qui répond absolument aux attentes du lecteur qui souhaite une véritable réécriture qui sort de l'ordinaire. 

15/20

17/20
16/20

mercredi 3 septembre 2014

Tony O'Neill - Du Bleu sur les Veines

Quatrième de couverture :
Notre héros a de gros soucis : une femme qu’il connaît depuis deux jours à peine, pas de job, pas d’argent et un budget stupéfiants ayant explosé depuis longtemps toutes les limites, dans un Los Angeles qui n’a jamais fait de concessions aux égarés. Mais là n’est pas le principal intérêt du roman. Oui, on y trouve des histoires de deals, d’amitié perdue, de souffrance, de sexe et de relations superficielles.
Bien sûr il y a les motels pourris, les crises de manque, les cliniques de méthadone et la recherche permanente du « high ». Et non il n’y a aucun romantisme, aucune morale, et pas de retour des ténèbres vers la lumière. Mais ce douloureux et croissant besoin de dope, qui vous fait pactiser avec le Diable, est aussi une quête sans fin pour trouver un sens à sa propre vie. Et c’est ce qui propulse Du bleu sur les veines bien au-delà du traditionnel parcours fléché « addiction / rédemption ».
L’aventure d’un musicien-écrivain qui cherche en lui-même ce qu’il y a de plus précieux : un fragment d’amour oublié mais intact-amour-propre, amour pour les autres. Et l’amour autorise l’espoir, même si aucun message explicite dans ce sens ne nous est fourni par cette histoire magnifiquement racontée où Tony O’Neill, sans effort apparent et avec beaucoup de finesse, nous fait apprécier le pouvoir et la grâce de l’écriture.
Car après la seringue c’est le stylo qui a changé sa vie, cette fois en bien.

Mon avis : 16/20
Avis aux amateurs de décadence, ce livre est fait pour vous. Cette autobiographie retrace le parcours de l'auteur, de son petit empire (musicien dans un groupe de rock) à sa propre déperdition (junkie total). La transition se fait assez rapidement, les drogues dures s'enchaînent et nous entraîne dans un monde inconnu (enfin j'espère pour vous). Ce récit est envoutant, on se laisse prendre à son histoire et on suit avec lui sa bataille contre l'addiction, bataille qu'il perd bien facilement à chaque fois. Un peu de volonté... et revoilà le narrateur avec une seringue au bout du bras. Ce livre ne peut laisser indifférent, il est tellement réel que l'on a l'impression de vivre avec lui chacune des injection qu'il se fait. Chaque fixe de cocaïne entre dans nos veines à travers son écriture. Son histoire de junkie, qu'il revit en même temps qu'on le découvre, nous donnerait presque envie de la vivre à notre tour. Et pourtant ce livre n'est en aucun cas un éloge de la drogue. Pas une seule fois l'auteur ne nous parle de l'héroïne comme d'une chose positive, ni même "à essayer". Cependant sont écriture qui parait si "normale" arrive à nous rendre accroc à une drogue l'on n'a même pas goutée. La force de cette autobiographie, c'est la façon dont l'écrivain nous expose son histoire sans se blâmer, sans vouloir se justifier : il aime la se droguer, c'est tout. Il est juste modestement là pour nous raconter son histoire, et il le fait merveilleusement bien. 

"Pas des mains dont on peut être fier. Des mains qui sont devenues molles et fragiles pour avoir été mal utilisées."