mardi 15 décembre 2015

Franck Thilliez - Vertige

Quatrième de couverture :
Certains secrets sont inavouables, mais serions-nous prêts à mourir pour les cacher ?
Un homme se réveille au fond d'un gouffre, au coeur d'un environnement hostile, deux inconnus et son fidèle chien comme seuls compagnons d'infortune. Il est enchaîné au poignet, l'un des deux hommes à la cheville et le troisième est libre, mais sa tête est recouverte d'un masque effroyable, qui explosera s'il s'éloigne des deux autres. Qui les a emmenés là ? Pourquoi ? Bientôt, une autre question s'imposera, impérieuse : jusqu'ou faut-il aller pour survivre ?


Mon avis : 17/20 - COUP DE COEUR -
Franck Thilliez est connu et reconnu pour ses thriller angoissants et superbement bien menés. En voilà un bel exemple. Vertige est un huis clos absolument parfait. Trois personnages particulièrement bien travaillés, une intrigue bien ficelée qui nous tient en haleine jusqu'à la dernière ligne du récit et une écriture addictive qui nous empêche de reposer le livre une seule seconde.
Pourtant le synopsis, il faut le dire, fait écho à l'un des films d'horreur les plus connus : Saw. Si l'on a déjà vu ce film, on ne peut s'empêcher de chercher à deviner la fin et à réfléchir afin de trouver une logique à cette situation. Et ça marche. On dévore ce livre jusqu'au dénouement.
L'auteur nous prouve une fois de plus qu'il a de bonnes raisons d'être l'un des grands maîtres du genre. Ce livre est une bombe d'angoisse et de suspens. On pourrait le caractérisé de "simple et efficace" mais il n'a rien de simple. Tout est précis, tout est écrit avec une justesse frappante et une réalité sombre, tout est pensé et tout se pense. A lire.

dimanche 6 décembre 2015

Patrick Senécal - Le Vide

Quatrième de couverture :
Vivre au max. C'est le nom de rémission de télé-réalité de Max Lavose, Le milliardaire a tout quitté, tout liquidé pour se lancer dans son projet. La première saison a défrayé la chronique, choqué les âmes sensibles et s'est attiré les foudres de la commission de censure. En proposant de réaliser en direct les rêves les plus fous des candidats, Max a frappé un grand coup. La saison 2 débute et promet encore plus de sensations fortes à un public ébahi. Tout semble possible, sans limites. Alors qu'est-ce que les participants vont demander au présentateur philanthrope ? Quel fantasme délirant ? Quel ultime grand frisson ? Attention mesdames et messieurs, plus loin vous repousserez les limites, plus longue sera la chute... dans le vide.

Mon avis : 20/20 - COUP DE COEUR -
Perfection. C'est le mot qui caractérise le mieux ce thriller absolument addictif. 
Tout d'abord, les personnages. Chacun d'entre eux, (même les personnages plus secondaires) est travaillé en profondeur avec intelligence et subtilité. On est loin d'une vision manichéenne des choses, personne n'est totalement bon ou mauvais, au contraire ils ont chacun leur part d'ombre et cela fait d'eux des humains très réalistes. 
L'intrigue, que vous ne verrez dans aucun autre livre, va de pair avec les personnages puisqu'il y a une histoire derrière chaque personnage. On comprend vite qu'ils vont être liés à un moment donné mais impossible de savoir à quel moment cela va arriver. Et lorsque ça arrive, on se rend compte à quel point l'intrigue est intelligente et minutieuse.  
L'auteur chamboule les codes de lecture et nous propose des chapitres dans le désordres afin de mieux nous manipuler et de nous surprendre pour un final explosif. L'écriture est addictive et les rebondissements sont nombreux et dès que l'on veut anticiper en s'imaginant le pire... c'est encore quelque chose de bien pire qui se produit. Mais ce n'est pas tout ! Car malgré l'histoire qui est absolument prenante, on se retrouve à réfléchir sur la vie et notre présence sur cette terre. Et oui, car mine de rien, les attentions de chaque personnages peuvent se justifier s'il on réfléchit bien à notre condition humaine. 
Pour conclure, ce livre est vraiment une tuerie qu'il faut absolument lire car personne ne peut rester indifférent à un telle perfection du genre !

mardi 1 décembre 2015

Robert Pobi - Les Innocents

Quatrième de couverture :
D’un tempérament impétueux, souvent borderline, Alexandra Hemingway, inspectrice à la section des homicides violents à New York, a l’habitude des enquêtes difficiles. Totalement impliquée dans son métier, elle n’hésite pas à prendre tous les risques. Son visage, refait, marqué par de multiples cicatrices, est là pour le prouver. Le jour où l’on retrouve dans l’East river le corps d’un enfant dont les pieds ont été sectionnés, l’affaire s’annonce particulièrement délicate. D’autant plus que la presse n’hésite pas à consacrer ses gros titres à ce genre de meurtre et à venir perturber les investigations. Lorsqu’un autre enfant est enlevé, la panique gagne Manhattan. Panique d’autant plus justifiée que le prédateur à l’œuvre est l’une des figures du mal les pires qui soient. Habituée aux noirceurs les plus effroyables de l’âme humaine, Alexandra pensait avoir tout vu. Elle n’avait pas connu le pire.

Mon avis : 6/20
Comment passer à côté d'un bon thriller ? Prenez un personnage principal : Alexandra Hemingway, une inspectrice qui est le stéréotype même de "la femme forte badass qui n'a peur de rien". Développez pas mal son personnage au détriment des autres et mettez-la en couple avec un homme ultra attentionné histoire d'avoir un bon faire-valoir.
Prenez une intrigue qui semble malsaine, enlevez toute crédibilité avec un dénouement qui en surprendra plus d'un mais qui manquera de vraisemblance. Et voilà, écrivez votre histoire !
Bon, j'y vais peut-être un peu fort. Ce livre n'a pas eut l'effet escompté sur moi et c'est peut-être parce que justement, j'en attendais beaucoup.
Comme je le disais, les personnages sont stéréotypés et très peu développés (hors le personnage principal) et déjà ce point est gênant car on a du mal à les distinguer entre eux. Ils semblent avoir été mis là pour meubler l'histoire mais pas pour avoir une réelle utilité dans celle-ci.
Tous les retournements de situation de l'intrigue tombent à plat car l'écriture de ce livre n'est pas fameuse, on n'est pas dans un thriller ou l'on dévore les pages tant le style nous emporte jusqu'au dénouement. Même le dénouement arrive comme un cheveu sur la soupe et les esprits les plus farfelus auront déjà émis la possibilité de cette fin... 
Voilà pour moi un thriller qui a raté sa vocation car rien ne m'a vraiment tenue en haleine dans ce livre. Je vous invite à aller lire l'avis de Lea Touch Book qui a manifestement plus apprécié ce polar que moi.

dimanche 29 novembre 2015

Rosa B - Insolente Veggie

Quatrième de couverture :
Le fameux cri de la carotte, vous connaissez ? Découvrez l'humour incisif d'insolente veggie, cette végétalienne aussi drôle que méchante en laquelle chaque végétarien et vegan se reconnaîtra ! Des péripéties culinaires au militantisme, plus de 50 histoires pour rire, s'indigner et réfléchir ! L'album reprend des dessins qui ont fait le succès du blog Insolente Veggie et propose aussi de nombreux inédits. L'auteure aborde avec humour et esprit militant ce qui fait le quotidien des végétariens, des végétaliens et des vegans aujourd'hui : - végétarisme, végétalisme, véganisme, - écologie, - carnisme, spécisme, antispécisme, - lait, oeufs, - viande, élevage, abattage, - corridas, cirque, chasse, zoos, - vivisection...

Mon avis : 17/20 - COUP DE COEUR -
Cet album est génial. Voilà qui est dit.
Il reprend avec humour et recul le quotidien des militants végétariens/végétaliens/vegans. Les dessins sont à la fois drôles et pertinents, mais surtout réalistes. Ils ne sont pas essentiellement tournés "anti-carniste" car ils remettent aussi en question avec humour les comportements de certains végétariens. 
La bloggeuse redéfinit ce que l'on appelle injustement des "extrémistes" et essaye de montrer que leur combat est totalement justifié (car il l'est !) et qu'il devrait même être la normalité. Elle nous met en face des yeux ses attentes, ses combats, ses illusions et désillusions. Elle ne cache rien et montre ce que tout végétarien se refuse de montrer parfois : la tristesse infinie et ce sentiment "d'inutilité" face à la souffrance animale qui ne fait que croître dans le monde. 
Mais puisqu'aucun acte n'est vain, n'hésitez pas à lire cet album et à vous renseigner de plus près sur le végétarisme/véganisme. Non ce ne sont pas des extra-terrestres un peu trop sensibles. Ce sont des humains empathiques. Et ça tombe bien, car l'empathie est ce qui est censé faire de nous des Humains.


--> www.insolente-veggie.com

mardi 24 novembre 2015

Nikki Owen - Sujet 375

Quatrième de couverture :
Maria Cruz-Banderras est en prison. Si elle est convaincue d’être innocente des faits qui lui sont reprochés, toutes les évidences sont contre elle. Son alibi ne tient pas la route et les tests ADN confirment qu’elle était bien sur les lieux du crime au moment du meurtre. Atteinte du syndrome d’Asperger, Maria se souvient de tout… sauf de ce qui la concerne intimement. Auprès des thérapeutes, elle va puiser dans ses facultés uniques pour tenter de se remémorer son passé récent. Des endroits étranges. Des gens plus étranges encore… Le puzzle épars qu’elle essaie de reconstituer ne semble pas faire sens. Sauf à croire à des années de mensonges et de faux-semblants. Ce qui est, bien sûr, totalement impossible. À moins que… Trauma, amnésie, menace latente… le roman de Nikki Owen entraîne le lecteur dans un véritable cauchemar éveillé. Entrez dans ce thriller psychologique à l’intrigue diabolique, où la tension monte au fil des pages jusqu’à devenir insupportable. Avec Maria, l’auteur a créé une héroïne inoubliable dont le drame intime nous émeut, nous angoisse et nous captive. On la retrouvera dans les deux suites de cette trilogie unique en son genre, dont les droits viennent d’être achetés par Universal (Dr House, Bates Motel, etc.) pour une adaptation en série.

Mon avis : 14/20

Avant tout commentaire, je tiens à remercier les éditions Super 8 qui m'ont gentiment permis la lecture de ce livre.

Attention, ce livre est polar qui ne suit absolument pas les codes classiques du genre. Nous voilà dans le cerveau de Maria, atteinte d'Asperger, qui est détenue en prison pour avoir tué un prêtre. Mais voilà le problème : elle ne se rappelle pas l'avoir tué. 
Jusqu'ici tout semble banal, mais on la suit dans ses doutes, ses certitudes, et nos propres pensées se retrouvent entre-mêlée et on ne sait plus distinguer le vrai du faux. Qui doit-on croire ? L'auteur joue avec les attentes du lecteur et l'on se pose en permanence de nombreuses questions, à l'image de la narratrice qui est complètement perdue dans sa cellule, où sa maladie prend des proportions trop importantes.
Malgré un début assez long (que l'on pardonne lorsqu'on sait que 2 tomes sont à venir), l'histoire se tient et réussit à emporter le lecteur avec de nombreux retournements de situation et des réponses à toutes les questions qu'il peut se poser. Un bon polar qui sort des sentiers battus !

vendredi 23 octobre 2015

Davy Mourier - La Petite Mort, Tome 3 : Le Domaine des Vieux

Quatrième de couverture :
Construire une famille ce n'est pas facile, surtout avec la perte récente d'un être cher. En plus, l'administration vient mettre son grain de fiel à coup de droits de succession à la fauche et impôts sur le revenant. Comment s'en sortir ? Que faire face à l'absurdité de la vie ? C'est quoi l'amour ? Réponses dans la fin de cette série, devenue un véritable petit manuel du savoir mourir(e) !

Mon avis : 17/20 - COUP DE COEUR -
Est-ce possible de réussir à utiliser "mignon" et "humour noir" dans la même phrase ? Absolument, Davy Mourier est là pour vous servir. Ce troisième tome termine brillamment cette trilogie morbide avec... presque autant d'émotion que le premier tome. 
Voilà que l'on suit la petite mort dans sa "vie" adulte, alors qu'on lui attribue une femme (car c'est bien connu, une femme, ça s'attribue) et un enfant qui a bien plus le goût de la mort que lui. A l'image des deux tomes qui le précèdent, cet opus est rempli d'humour noir et il donne une bonne petite claque au système qui, à l'image de notre société, ne profite qu'à une seule et unique personne : ici, le Grand Tout. Notons d'ailleurs que nous rencontrons enfin ce personnage, et... ça vaut plutôt bien le détour !
Bien sûr, les caricatures de marques et autres publicités sont toujours présentes et appréciables, on ne s'en lasse toujours pas au bout du troisième tome.
En bref, ce dernier livre conclut parfaitement bien la trilogie de La Petite Mort, acide, simple et efficace !


Résumé de la trilogie La Petite mort : une moyenne de 17,3/20

Pour résumé La Petite Mort, trois mots peuvent suffire : mignon, drôle, efficace. Ces trois BD vous emporte dans une monde absurde où finalement, la Mort n'a pas une "vie" plus facile que nous, autres êtres humains. L'humour noir est souvent ce que l'on a envie de dire quand on la décrit, mais selon moi la tendresse qu'elle véhicule le plus. Cette série se lit très rapidement, les livres sont beaux et les dessins sont tout-mignons-tout-beaux (ce qui contraste avec la noirceur de certains sujets). De petite longueurs dans le second tome qui est moins surprenants que les deux autres, mais rien de bien méchant, ça reste une série indispensable à lire !

19/20
16/20
17/20

jeudi 15 octobre 2015

Anonyme - Psycho Killer

Quatrième de couverture :
Tout semble paisible à B Movie Hell, 3672 habitants. Jusqu’au jour où un tueur mystérieux portant un masque en forme de crâne, surmonté d’une crête iroquoise rouge, se mette à assassiner tranquillement certains des habitants de la ville. Le FBI confie l’affaire à un couple d’enquêteurs, Milena Fonseca et Jack Munson, surnommé le Fantôme, spécialiste des opérations clandestines. Bientôt de mystérieux liens apparaissent entre cette terrifiante série de meurtres et un projet top secret du Département d’Etat, l’opération Blackwash. Alors que la paranoïa s’empare de la ville, la collaboration entre le FBI et les autorités locales s’annonce difficile. Les habitants de B Movie Hell, bien décidés à garder leurs nombreux secrets, entendent en effet résoudre seuls et sans aide extérieure cette histoire aussi terrifiante qu’enigmatique.

Après sa tétralogie consacrée au Bourbon Kid, Anonyme nous offre un slasher jubilatoire en forme de clin d’oeil aux films de série B. Est-il possible d’y résister ?

Mon avis : 17/20 - COUP DE COEUR -
Amateurs et amatrices de série B, jetez-vous sur ce livre magique qui arrive à jouer avec des stéréotypes foireux mais qui réussit, malgré tout, à nous surprendre tout au long de la lecture. 
Cette petite bombe littéraire réunit les clichés des plus grands films d'horreur, des films romantiques les plus niais mais aussi du polar bien classique. Prenez deux agents du FBI bien stéréotypés en mission quasi secrète afin de rechercher un serial killer psychopathe qui tue ses victime vêtu d'une discrète veste en cuir rouge et portant un masque en squelette à crête, rouge elle aussi (j'ai nommé monsieur l'Iroquois). Bien sûr, ce livre ne serait rien si l'on n'y trouvait pas aussi un beau bordel (dans tous les sens du terme, bien évidemment). 
Encore une fois, l'auteur anonyme réussit à nous donner une claque aller-retour avec une intrigue bien ficelée, des références cinématographiques et musicales bien éparpillées, et des personnages suffisamment clichés pour qu'on se repère et que l'on puisse les cerner rapidement mais à la fois suffisamment différenciés pour qu'on les trouve uniques. Résultat, on s'attache à chacun d'entre eux (oui, même au big boss de la ville !), et une fois de plus, on se dit que l'on n'aurait peut-être pas dû. C'est d'ailleurs assez récurrent, avec cet auteur, d'être induit en erreur par nos jugements. L'auteur joue fréquemment avec le lecteur et ses attentes. Et c'est là, selon moi, que l'on se rend compte de l'intelligence et de la subtilité de l'auteur dans son écriture. Tu aimes ce personnage ? Et bien je le tue. Tu crois que ce personnage est mauvais juste parce qu'il tue des gens ? Et bien tu vas voir qu'il y a bien pire que lui. C'est notamment grâce à cela que les pages se tournent très rapidement, car malgré l'air "simpliste" de l'intrigue, l'auteur réussit à nous tenir en haleine jusqu'au dénouement, qui lui aussi réussit à nous surprendre. 
Encore une fois, l'auteur a vu juste. Il s'amuse avec talent et l'on ne peut qu'apprécier cette oeuvre, qui contrairement à la saga du Bourbon Kid est appréciable de tous. Alors n'hésitez pas une seconde et allez visiter B Movie Hell ! 


LC : Tu veux d'autres avis ?
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- Caro Verdelivre --> Sur papier virtuel ou... (en attente)

mercredi 23 septembre 2015

John Mueller - Oink, le Boucher du Paradis

Quatrième de couverture :
Dans un futur sombre, la cité du Paradis est dirigée de main de fer par une dictature religieuse. Les hommes cochons, esclaves génétiquement modifiés, travaillent inlassablement dans le confinement d’une vieille école transformée en abattoir, à produire la nourriture destinée à leurs maîtres humains.
OINK, lui, rêve d’autres horizons que les murs souillés du sang de ses congénères de l’abattoir. Pourquoi est-il exclu du Paradis qu’il ne peut atteindre qu’en se sacrifiant ? Pourquoi ses semblables obéissent-ils aux dogmes de la cité, soumis et écrasés par la peur ?
OINK va réaliser qu’il n’y a pas de marche arrière pour un esprit qui s’éveille et que le chemin vers la liberté est périlleux : les Anges Gardiens du Paradis veillent et sont prêts à éliminer tous ceux qui remettent en question l’ordre figé de la cité.
Mais attention : OINK n’est pas un mouton, hors de question pour lui de « tendre l’autre joue » ! Désormais, le Paradis sera une boucherie !


Mon avis : 16/20 
Un monde sale où la religion domine et asservit tous ses citoyens, voilà où nous emmène cette BD fascinante. Les hommes ont mélangé les gènes de cochons avec ceux des hommes afin qu'ils soient incapables de réfléchir et deviennent leurs esclaves pour travailler à l'endroit où personne ne veut le faire : dans les abattoirs.
Bienvenu à ce qu'ils appellent le Paradis. Cette BD lance une véritable critique contre la société et les normes qu'elle nous impose. Oink est très clairement un cochon qui se pose trop de questions et qui ne veut pas suivre un modèle bêtement prédéfini et c'est à ce moment là qu'il devient gênant pour les autres. Il est doublement attachant de par sa simplicité d'esprit (il ne fait pas de phrases correctes et se pose énormément de questions basiques mais essentielles), et le lecteur ne peut qu'avoir de la compassion envers lui.
Le parallèle qui est fait avec les abattoirs est intéressant puisqu'il montre à la fois les problèmes de notre société normalisatrice mais aussi des abattoirs eux-mêmes : utiliser une comparaison aussi violente renforce l'horreur de ce même objet comparant.
Cette BD laisse un goût amer une fois qu'on la referme tant elle est juste, poignante et elle crée un mal-être constant tout au long de la lecture, mal-être qui s'amplifie par le dénouement tragique qui nous renvoie à notre propre fatalité.


"L'ignorance c'est le bonheur.
Le bonheur c'est le sacrifique.
Le sacrifice est exigé."

lundi 7 septembre 2015

Hideshi Hino - Panorama de l'Enfer

Quatrième de couverture :
Treize tableaux apocalyptiques pour un voyage sans retour dans les méninges torturées d’un peintre né sous le signe d’Hiroshima. Dans un ultime accès de démence, l’artiste jette son propre sang contre la toile et esquisse un portrait acéré des membres de sa famille. Grand-père escroc, père alcoolique, frère vaurien, épouse perverse, enfants dégénérés ou la terrifiante histoire d’une malédiction en cours depuis l’origine des temps. Peu à peu se dévoile une généalogie pleine de bruit et de fureur mêlant expériences contre-nature et monstres en devenir. Un conte d’horreur grinçant où le pire est encore à venir…

Mon avis : 18/20 - COUP DE COEUR -
Puisqu'il fallait bien aimer un manga un jour, voici un auteur qui fera exception à mes grandes généralités : "J'aime pas les mangas". Je peux désormais rentrer dans le vif du sujet pour vous parlez de ce grand monsieur et de cette oeuvre qui m'a tapée dans l'oeil.
Mais attention, il faut apprécier -un minimum- le glauque, le sang et la violence, car ce manga n'est rempli que de ça, le tout sur un fond de poésie morbide...
Bienvenue au coeur du cerveau dérangé d'un peintre. Mais pas n'importe quel peintre. Un peintre fasciné par... le sang. Voilà ce qui lui sert principalement de peinture : le sang. La plupart de ses tableaux représentent des paysages tout aussi joyeux (la mort, par exemple). Cette oeuvre ne possède pas d'intrigue spécifique, mais, sans réellement savoir pourquoi, elle nous hypnotise et nous fait tourner les pages jusqu'à la dernière. Les planches sont parfaitement horribles et horrifiques et elles nous permettent de mieux nous imprégner de la vie "post-Hiroshima" que le peintre essaye tant bien que mal de nous expliquer. Il nous décrit chaque membre de sa famille (qui, comme vous l'avez compris, est toute aussi étrange que ce monsieur) et l'atmosphère qui s'en dégage est oppressante. L'auteur réussit le pari de nous offrir une histoire horrifique sans être pour autant très effrayante. Le sentiment d'oppression est omniprésent à travers le dessin si particulier d'Hino Hideshi et cette oeuvre prenante vous hante. Un peu à la manière dont cette famille est hantée par une malédiction, ce manga vous hante et vous ne pouvez vous empêcher de parler de ce livre aux personnes qui vous entourent.


jeudi 13 août 2015

Stona Fitch - Aveuglé

Quatrième de couverture :
Bruxelles. Après un dîner d’affaires. Elliott Gast, économiste américain sans histoires, se fait kidnapper. Il se retrouve enfermé dans un appartement anonyme, sans aucun contact avec ses ravisseurs. Elliott pense d’abord que c’est une erreur. Qu’on l’a pris pour quelqu’un d’autre. Rien en effet dans son existence ne peut motiver un tel acte. Il n’est pas spécialement riche, il ne fait pas de politique, il n’est pas célèbre, c’est un homme dans la foule. Alors pourquoi s’en prendre à lui ? Lorsque, enfin, ses ravisseurs lui révèlent la vérité, elle apparaît plus atroce que tout ce qu’il a pu imaginer : ceux-ci savent tout de lui et ont décidé, pour des raisons bien précises, d’en faire la proie d’une expérience interactive et voyeuriste d’une cruauté sans précédent.

Mon avis : 17/20 - COUP DE COEUR -
Avant tout commentaire, je tiens à remercier les éditions Sonatine qui ont gentiment accepté de m'envoyer ce livre. 

Voilà un roman qui remplit absolument tous les codes du thriller parfait. Le synopsis de base peut paraître un peu bateau, mais c'est tout le contexte autour du kidnapping qui enrichit l'histoire et qui prend le lecteur aux tripes.
Les personnages sont peu nombreux mais ils ont chacun une place bien définie. Elliott Gast, le kidnappé, fait beaucoup de liens entre sa vie en captivité et sa vie passée ce qui nous permet de mieux le connaître et de nous attacher à lui. On souffre doublement lorsqu'il se fait torturer et on n'attend qu'une chose : sa libération.
Mais voilà, sa libération est mise en jeu. Sa vie est entre les mains d'internautes qui ont le pouvoir de décider si, oui ou non, sa souffrance doit continuer ou s'il doit être relâché. Quoi de mieux que ces faits pour nous mettre sous les yeux l'évidente société malsaine dans laquelle nous avons tendance, de nos jours, à nous diriger ? Ce livre reflète parfaitement bien le plaisir du voyeurisme de notre époque avec ce côté "télé-réalité du terrorisme". 
Les scènes de tortures sont peu nombreuses mais les descriptions sont suffisamment bien écrites pour qu'elles marquent la mémoire. Le suspens est présent jusqu'à la fin de l'oeuvre, les retournements de situation nous prennent par surprise et l'on ressort de cette oeuvre avec une multitudes de questions non résolues mais, à l'image du protagoniste, on n'est même plus en état de nous les poser.

Ce livre est un parfait thriller qui nous mène par le bout du nez jusqu'à la fin de l'oeuvre et qui remet en question notre société sur son voyeurisme malsain dont nous sommes tous les coupables. Une oeuvre à la fois plaisante et acide.

lundi 10 août 2015

Yannick Monget - Gaïa

Quatrième de couverture :
Et si un jour l'homme prédateur devenait la proie, à son tour menacée d'extinction ? 

Le monde sombre dans le chaos : un phénomène nouveau et inexpliqué affecte les écosystèmes du monde entier. Le comportement des animaux est bouleversé, les espèces végétales sont frappées d'impossibles mutations alors qu'une étrange épidémie se répand, qui pourrait causer la mort de millions de personnes. 
Au coeur de la forêt tropicale amazonienne, Alexandre Grant, P.-D.G. d'une société de biotechnologie américaine, rencontre Anne Cendras. La célèbre biologiste française est convaincue que ce cataclysme n'a rien à voir avec le réchauffement climatique, mais qu'il menace la survie de toute l'humanité. 
Aucun gouvernement ne sait comment enrayer ce phénomène et déjà le contact est rompu avec certaines régions du globe. Seuls quelques individus, que tout oppose en apparence, sont bien décidés à comprendre et à lutter ?

Mon avis : 16/20
Voilà un livre qui remet en cause l'avenir de la planète et la place que l'homme s'y est approprié depuis des années. L'homme redevient une victime le temps de quelques pages.
L'intrigue est très bien construite et on se prend, au fil des pages, à chercher nous-mêmes la raison pour laquelle la nature aurait pu changer si rapidement sa façon de se développer et sa façon d'agir. On se retrouve immergé dans un Paris (et New-York) enseveli sous de nombreuses plantes tropicales. Une forêt amazonienne en pleine ville, on s'y croirait presque. 
Les deux personnages principaux, un PDG d'une filière de Monsanto et une biologiste activiste, auraient facilement pu tomber dans le stéréotype du "patron capitaliste qui n'a pas de coeur et qui méprise la nature" face à "la hippie qui manifeste contre tout, qui se révolte pour n'importe quoi, qui mange bio et est compatissante envers la moindre feuille de chêne" mais l'auteur a parfaitement su détourner ce stéréotype facile, ses personnages sont carrément humains et réalistes, on est surpris qu'ils ne tombent pas si aisément dans le cliché auquel on s'attend à l'annonce des protagonistes. On se retrouve avec des personnages intéressants et bien travaillés. 
L'intérêt principal de ce livre résulte dans l'intrigue et de la réflexion écologiste qui en ressort : peut-on continuer à tout contrôler comme on le souhaite sachant que l'on dérègle l'ordre établi par la nature ? La plupart des hypothèses faites par les personnages laissent à réfléchir pour le lecteur et lui permettent de se remettre en question. Un petit bémol tout de même, cette réflexion ne va pas jusqu'à remettre en cause directement les élevages intensifs des animaux alors que ceux-ci sont tout de même l'une des causes principales de tous les dérèglements qui se produisent de nos jours. (Hors un passage sur les cocons, que je ne vous spoilerai pas).
Ce livre est aussi intéressant en intrigue qu'en matière réflexive, l'écriture est fluide mais la pseudo happy-end arrive comme un cheveux sur la soupe et on reçoit beaucoup trop d'informations en peu de temps pour tout bien assimiler, ce qui est un petit moins mais qui n'enlève pas tous les points positifs énoncés précédemment. 

"Vous, vous n'êtes pas un prédateur, vous êtes un exterminateur, précisa-t-elle. Vous n'avez pas votre place dans cette chaîne, vous êtes ce que nous nommons une "espèce nuisible". Vous êtes un peu comme cette algue tueuse, la Caulerpe, expliqua Anne.
- Celle qui a envahi la Méditerranée ?
- Oui, je vois que vous connaissez ; et bien vous êtes semblable. Vous colonisez des terres, en y détruisant tout, pour vous installez, vous, et seulement vous, éradiquant tout ce qui pourrait vous gêner dans votre développement jusqu'au jour où, comme la Caulerpe, vous disparaîtrez après avoir compris que ce que vous détruisiez vous était indirectement vital."

"Vous êtes peut-être incroyablement évolués, mais vous n'en restez pas moins un être vivant."

mercredi 8 juillet 2015

Robert W. Chambers - Le Roi en Jaune

Quatrième de couverture :
De Paris à New York, de jeunes artistes voient leur vie bouleversée par un étrange livre interdit, Le Roi en jaune. À travers celui-ci, c’est un univers de folie et de cauchemar qui fait irruption dans notre monde : celui de Hastur et de Carcosa, celui sur lequel règne le terrifiant Roi en jaune.

Explorez Carcosa et les mystères des Hyades. Au péril de votre santé mentale, feuilletez le livre maudit. Allez-vous trouver le Signe jaune... ?

Mon avis : 16/20
Ce très bon recueil de nouvelles fantastiques-horrifiques se classe dans la même catégorie que les recueils de nouvelles d'Edgar Allan Poe ou de Gogol. Mêlant l'onirisme et la poésie au suspens, ces nouvelles sont à la fois surprenante tout en laissant parfois le lecteur circonspect. 
On veut en savoir plus. Car cet ensemble de nouvelles se complètent autour d'un mythe : celui de la pièce de théâtre (cf : Le Roi en Jaune) qui rendrait fou toute personne qui commencerait à la lire, ne pouvant plus s'arrêter, et dont la simple évocation donne des frissons. Malgré cela, on n'apprend jamais réellement d'où vient cette oeuvre ni pourquoi elle rendrait fou tous ses lecteurs et c'est ce qui fait tout le charme de ce recueil. On a envie de connaître ce livre, de le lire et d'en apprendre plus, mais c'est à notre imagination de faire tout ce travail, ce qui est bien plus intéressant.
Le petit moins, ce sont les nouvelles qui n'évoquent ni de près ni de loin Le Roi en Jaune, car on est tellement avide d'en apprendre plus sur cette oeuvre que l'on est déçu lorsqu'une nouvelle ne s'y intéresse pas. 

Quant à la série True Detective, je trouve que le dossier est très bien fait, il met en évidence certains liens entre le livre et la série que l'on ne voit pas de premier abord et il creuse un peu plus le mythe de Carcosa et de ce roi en jaune. Evidemment, la série a été inspirée du livre et a utilisé les éléments de Carcosa et du roi en jaune pour aller dans une direction bien différente. 
En résumé, ce livre est un très bon recueil de nouvelles "à l'ancienne" qui ne plaira pas forcément à tout le monde mais qui saura ravir certains amateurs d'étrange, de glauque et de fantastique. 

lundi 29 juin 2015

Riad Sattouf - L'Arabe du Futur, Tome 2 : Une jeunesse au Moyen-Orient (1984 - 1985)

Quatrième de couverture :
Né d'un père syrien et d'une mère bretonne, Riad Sattouf raconte dans L'Arabe du futur sa jeunesse au Moyen-Orient. Dans le premier tome (1978-1984) le petit Riad était balloté entre la Libye, la Bretagne et la Syrie. Dans ce second tome, qui couvre la première année d'école en Syrie (1984-1985), il apprend à lire et écrire l'arabe, découvre la famille de son père et, malgré ses cheveux blonds et deux semaines de vacances en France avec sa mère, fait tout pour devenir un vrai petit syrien et plaire à son père. La vie paysanne et la rudesse de l'école à Ter Maaleh, les courses au marché noir à Homs, les dîners chez le cousin général mégalomane proche du régime, les balades assoiffées dans la cité antique de Palmyre : ce tome 2 nous plonge dans le quotidien hallucinant de la famille Sattouf sous la dictature d'Hafez Al-Assad. Le premier tome de L'Arabe du futurest un immense succès.

Mon avis : 17/20 - COUP DE COEUR -
Fidèle au premier tome, nous voilà une fois de plus complètement dépaysés face à la Syrie que le petit blond et sa famille continue de découvrir. Dans ce second ouvrage, Riad va vivre -entre autres- ses premiers jours à l'école. On retrouve avec plaisir les planches de Riad Sattouf qui utilise parfaitement les petits détails qui sont ancrés dans sa mémoire d'enfant pour nous les transmettre en dessin. Une fois de plus, c'est avec efficacité qu'il retranscrit les moments de son enfance. Son personnage est toujours aussi touchant, notamment par sa naïveté d'enfant.
L'apprentissage à l'école et dans sa vie de tous les jours montre un aspect très intéressant car autobiographique donc véritable : il apprend à détester Israël et les juifs parce que tout le monde les déteste et qu'il est mal vu de ne pas les détester. Il en va de même avec sa vision de la femme : il pense que les gens vont le trouver faible s'il dit que sa mère l'a autorisé à faire quelque chose alors qu'il va citer son père pour paraître fort. 
Cette BD montre bien que la façon d'élever un enfant se répercute forcément sur la vision du monde qu'aura ce dernier, elle montre aussi, à plusieurs reprises, l'hypocrisie religieuse et l'obscurantisme qui en découle. C'est d'ailleurs dans cette hypocrisie que le père de Riad semble sombrer petit à petit. Fort heureusement, la mère de Riad va beaucoup plus prendre la parole que dans le premier tome. Ce n'est pas encore assez à mon goût, mais quelque chose me dit que le troisième tome nous réservera des surprises. 

mardi 23 juin 2015

Gilles Lartigot - Eat

Quatrième de couverture :
Nous vivons dans une société toxique pour notre santé. 
La nourriture industrielle nous rend malade.
La pollution, le stress et les produits chimiques font partie de notre quotidien. 
Ce sont des faits.
Il est encore temps d'en réchapper.

Mon avis : 20/20 - COUP DE COEUR -
Après avoir lu Faut-il Manger les Animaux ? de Jonathan Safran Foer, je me suis rendue compte à quel point la littérature-documentaire pouvait être poignante et efficace.

Et voilà un livre de plus pour nous réveiller, nous, le peuple qui nous laissons berner par l'industrie agro-alimentaire qui ne cherche que le profit au détriment de notre santé. 
Mais attention, à aucun moment Gilles Lartigot ne vient nous faire la morale, à aucune instant il ne pointe le lecteur en lui disant "tu fais le mal, arrête". Au contraire, il pose des faits et nous laisse face à notre propre réflexion. Mes choix sont-ils bons ? Pourrais-je vraiment me plaindre d'avoir un cancer alors que je ne fais rien pour éviter d'en avoir un ? 
Nous, consommateurs, sommes fautifs. Nous avons toujours le choix, et nous faisons souvent le mauvais. Mais voilà un livre qui nous met face aux réalités et aux conséquences de nos mauvais choix. 
Cinq autres personnes sont mises à contribution via leur interview par l'auteur : Jean-Marie MARTIN (un chercheur, biologiste et spécialiste des cancers hormono-dépendants et des perturbateurs endocriniens), Anicet DESROCHER (un apiculteur biologique), Michelle BEAUREGARD (une herboriste), Devin TOWNSEND (un musicien canadien) et Luc DAUB (un monsieur qui a enquêté 15 ans dans des abattoirs français), et elles ont toutes quelque chose à dire, une expérience personnelle à partager. 

Ce livre ne peut laisser indifférent et il donne réellement envie de changer complètement d'alimentation pour avoir une vie plus saine et combattre -à petite échelle- les lobbies et les industries qui ne pensent qu'à l'argent qu'ils se font sur notre dos. Il nous rappelle une chose importante : une action collective est la somme de plusieurs actions individuelles. Alors oui, on peut changer les choses, même seul.

lundi 15 juin 2015

J.J. Connolly - X

Quatrième de couverture :
X est un dealer londonien anonyme et qui tient à le rester : dans son milieu, la notoriété relève en effet de la faute professionnelle. Et des fautes professionnelles, X veille soigneusement à n’en commettre aucune. Il se contente d’être un intermédiaire, ce qui lui évite de fréquenter la rue et ses camés trop bavards, il ne flambe pas, préférant rester discret sous ses allures d’homme d’affaires. La pègre le tient en haute estime pour son intelligence et sa rigueur. Sachant qu’on ne fait en général pas de vieux os dans le business, X met le maximum d’argent de côté pour pouvoir prendre le large le jour de ses 30 ans. Il en a 29 et il ne lui reste plus que quelques semaines à tirer quand son boss, le mafieux Jimmy Price, lui demande un dernier service qui va bouleverser la donne d’une manière fort inattendue.

Mon avis : 13/20

Avant tout commentaire, je tiens à remercier les éditions Sonatine qui m'ont gentiment proposé la lecture de ce livre. 

Nous voilà plongé au coeur de la mafia londonienne où les amis ne sont jamais ceux que l'on croit. X (qui représente l'anonymat de notre narrateur) est un petit dealeur qui économise pour prendre sa retraite à 30 ans. Le lecteur est donc immergé au fin fond de la pègre anglais où tout est réuni : les mafieux, la drogue, les embrouilles et les quiproquos... Un récit qui ne laisse pas le lecteur se reposer un instant !
Les personnages, bien qu'ils aient tous des caractéristiques propres aux clichés du mafieux, sont tous assez uniques et leur personnalité, sans être réellement développée, est toujours bien définie. 
L'intrigue est efficace puisqu'en réalité il n'y a pas "une" intrigue mais bel et bien "des" intrigues. Voilà ce qui crédibilise tout le contexte de l'oeuvre, puisque le monde de la mafia ne peut se résumer à une simple histoire, l'auteur ne choisit pas la facilité et nous offre une multitude de retournements de situations.
Bien que les phrases soient parfois un peu longues, le style de l'auteur reste accrocheur et efficace notamment par ses dialogues biens construits et l'humour décalé que l'on y retrouve.
Ce livre est un bon polar qui a le mérite de nous immerger totalement dans le monde crédible de la mafia londonienne. 

lundi 1 juin 2015

La Comtesse de Ségur - Les Malheurs de Sophie

Quatrième de couverture :
L'action se déroule dans un château de la campagne française du second empire où Sophie habite avec ses parents M. et Mme de Réan. Curieuse et aventureuse, elle commet bêtise sur bêtise avec la complicité critique de Paul, son cousin, qui est bon et tente de lui montrer le droit chemin. Elle a pour amies Camille et Madeleine de Fleurville, des petites filles modèles qu'elle peine à imiter.

Mon avis : 15/20
Bienvenue au second empire dans une famille aisée mais loin d'être parfaite. Les nostalgiques du dessin animé comprendront de suite de quoi il s'agit, nous suivons la petite Sophie qui n'a de cesse de faire des bêtises. 
On se doute bien que ce livre s'adresse aux enfants tant il est moralisateur et surtout... cruel ! Sophie fait des bêtises qui sortent de l'entendement (et on ne sait pourquoi, ce sont souvent les animaux qui en prennent pour leur grade), mais les punitions qu'elle reçoit sont parfois bien affreuses elles aussi. On s'attache à ce personnage qui, malgré ses erreurs, réussit à nous émouvoir et à nous toucher. Le schéma des différents chapitres est assez récurrent, mais il est très efficace pour ce genre de livres pour enfants. 

Adaptation télévisuelle :
- Les Malheurs de Sophie de Bernard Deyriès (1998) : ces dessins animés reprennent à la fois Les Malheurs de Sophie de la Comtesse de Ségur mais aussi Les Petites Filles Modèles et Les Vacances qui s'avèrent être la suite de ce premier livre. Un épisode condense plusieurs chapitre d'un même livre tout en respectant au maximum les histoires et leur morale. Tout n'est pas dans l'ordre mais cela n'a point d'importance car il n'y a pas de réelle suite logique entre les chapitres.

mardi 19 mai 2015

Les 10 livres que tout le monde devrait lire (Top Ten Tuesday 13)




Le Top Ten Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire défini. Ce rendez-vous a été crée par The Broke & The Bookish et repris en français sur le blog Iani.
Cette semaine le thème retenu est le suivant :

Sujet libre : les 10 livres que tout le monde devrait lire.

En essayant de varier les genres et les auteurs, histoire de ne pas être trop répétitive dans un même Top Ten.

- Chordelos de Laclos - Les Liaisons Dangereuses

Un magnifique classique ! Une histoire absolument malsaine remplie de personnages forts qui s'amusent à manipuler les personnages faibles dans leurs intérêts. De l'égoïsme pur mêlé à des combats d'égo-centrisme et de fierté. Une pure merveille. Mon livre préféré de tous les temps. 

- Jean Teulé - Mangez-le si vous voulez

Un contemporain qui sort de l'ordinaire. L'auteur reprend une vieille rumeur datant de la guerre franco-prusse et nous la transformer en véritable anecdote. Autant de torture physique pour le protagoniste que psychologique pour le lecteur. Un véritable voyage au coeur de l'horreur humaine contre laquelle on a envie de crier à l'injustice.

- Albert Camus - La Peste

Encore un classique, mais bien plus engagé cette fois-ci. Bienvenue à Oran, dans l'Algérie française des années 1940 où la peste bubonique touche la population. Une magnifique analogie de la seconde guerre mondiale et de la Résistance, sans être moraliste ni plombante. Du génie à la Camus. (Voici un des auteurs dont j'aurais pu citer plus de la moitié de ses oeuvres dans ce Top Ten).


- Victor Hugo - Notre-Dame de Paris

Un classique de plus mais pas des moindres, car voici une oeuvre du grand Victor Hugo. Bien plus connue par ses adaptations cinématographiques / musicales / dessins animés que par son oeuvre originale, elle n'en demeure pas moins une petite merveilles. Une histoire absolument tragique à laquelle s'ajoute une critique de la religion... Que demande le peuple ? Ce livre envoie le pâté !

- Philippe K. Dick - Les Androïdes Rêvent-ils de Moutons Electriques ?

Un roman culte de la science-fiction. Et ce, pour une bonne raison. Nous voici en 1992 (oui, notre passé est le futur de ce roman, et alors ? Ne juge pas !), la Terre a été dévastée par une guerre nucléaire et la plupart des humains ont émigré sur Mars. Les animaux ont aussi disparus et leur possession montre un signe de richesse mais est aussi indispensable pour être bien vu dans la société. En bref. Car en vérité, ce synopsis est presque inutile pour parler de l'intérêt réel de ce livre qui se trouve dans la réflexion que le lecteur fera de lui-même à la lecture de ce livre. Tu aimes l'Humanité ? Lis ce livre tiens.

- Joe Hill - Nosfera2

Un peu d'horreur et de fantastique, on ne saurait le classer dans une catégorie précise. Digne fils de Stephen King (on aimerait ne pas avoir à le comparer à son père, mais c'est trop dur), voilà un roman qui est entré à juste titre dans mon Top 10. Une version plus moderne de son père, ce roman tourne et retourne ta tête à chaque chapitre. On retient son souffle jusqu'au bout. Mais attention, chaque détail compte et tout à sa place. Ce livre est ce que j'appelle, une "belle bête".

- Yves Paccalet - L'Humanité Disparaîtra, Bon Débarras !

Ce livre méconnu de public est un essai réflexif sur les dégâts de l'homme sur la planète qui le fait vivre. Misanthropie totale. Ce livre s'adresse à moi, à toi, à l'auteur. Une critique bien développée et très justifiée de ce que l'on appelle Humanité, mais aussi de chaque individu qui construit celle-ci. Car toi et moi, nous sommes les hommes. 

- Jonathan Safran Foer - Faut-il manger les animaux ?

Magnifique livre documentaire sur la condition animale dans les industries. Statistiques, interview, "reportage" et investigation, ce livre nous dévoile le côté sombre de la surproduction de viande et de notre implication, nous consommateurs, dans la déshumanisation des animaux qui ne deviennent que "viandes" à nos yeux. L'industrie à tout compris, et ce monsieur visite les abattoirs pour nous ramener à la réalité. 

- Anonyme - La saga du Bourbon Kid

Petit thriller atypique à couper le souffle. Voilà une saga magnifiquement construite du premier tome au dernier. Chaque mot à son importance et chaque personnage, aussi génial soit-il finit dans le sang d'une manière ou d'une autre. On aime, on déteste mais on ne peut s'arrêter de le lire. Beaucoup d'action, beaucoup de sang et pas mal de suspens. Un mot pour résumer cette saga : une bombe.

- Efraim Medina Reyes - Il était une fois l'amour mais j'ai dû le tuer

Petite autofiction merveilleusement écrite. Mêlant la poésie au langage cru, l'auteur nous emporte dans son propre déclin amoureux. Son mal-être est se ressent au fil des lignes et l'on ne peut finir ce livre sans avoir apprécier ce monsieur si détestable mais à la plume si singulière. Une beauté littéraire.