mardi 21 avril 2015

Ransom Riggs - Miss Peregrine & Les Enfants Particuliers, Tome 1

Quatrième de couverture :
Jacob est un ado comme les autres, excepté qu'il se pose des questions sur son mystérieux grand-père. Quelles sont ces étranges photos d'enfants qu'il lui montrait quand il était petit ? Les histoires qu'il lui contait sur eux étaient-elles vraies ? Et pourquoi disparaissait-il aussi souvent ?
Tout s'accélère le jour où il le retrouve blessé dans son jardin. Jacob a vu des monstres, il en est sûr, et personne ne veut le croire. Il ne lui reste qu'à suivre les dernières instructions qu'a murmuré son grand-père avant de rendre son dernier souffle...


Mon avis : 15/20
Si vous pensiez que les livres "jeunesses" n'avaient plus rien à vous offrir, voilà une petite perle qu'il se faut de découvrir. 
L'auteur nous plonge dans une histoire qui mêle le fantastique à l'historique (et ce n'était pas gagné d'avance !). L'immersion est totale et le lecteur se perd : qu'est-ce qui est réel, qu'est-ce qui ne l'est pas ? Le gros plus de ce livre, c'est l'objet lui-même. Les photos parsemées au fil du livre donnent de la crédibilité à l'histoire, surtout lorsque l'on apprend qu'elles sont toutes réelles et que l'auteur a écrit l'histoire autour de celles-ci. Mais voilà, on dirait parfois que l'auteur tenait tellement à placer ses photos qu'il cherchait des prétextes. Parfois un peu dérangeant mais jamais au point d'abandonner. 
Pour un livre jeunesse, cette oeuvre est très élaborée, très bien écrite et assez intelligente. Plonger au coeur de la seconde guerre mondiale et nous donner une intrigue fantastique qui se veut plus importante que l'Histoire elle-même, c'est gonflé. Mais le pari est réussi.
Le petit moins, ce sont les "enfants particuliers", trop nombreux et pas assez singuliers les uns des autres pour qu'on ne les confonde pas à certains moments.
L'avis général reste très positif, et qualitativement, ce livre est très au-dessus de la plupart des livres jeunesses, je ne peux donc que recommander.

Je vous invite à aller lire la chronique de Cranberries (qui m'a très clairement donné envie de lire ce livre).

vendredi 17 avril 2015

Gillian Flynn - Les Apparences

Quatrième de couverture :
« À quoi penses-tu ? Comment te sens-tu ? Qui es-tu ? Que nous sommes-nous fait l’un à l’autre ? Qu’est-ce qui nous attend ? Autant de questions qui, je suppose, surplombent tous les mariages, tels des nuages menaçants. »
Amy, une jolie jeune femme au foyer, et son mari Nick, propriétaire d’un bar, forment, selon toutes apparences, un couple idéal. Ils ont quitté New York deux ans plus tôt pour emménager dans la petite ville des bords du Mississipi où Nick a grandi. Le jour de leur cinquième anniversaire de mariage, en rentrant du travail, Nick découvre dans leur maison un chaos indescriptible : meubles renversés, cadres aux murs brisés, et aucune trace de sa femme. Quelque chose de grave est arrivée. Après qu’il a appelé les forces de l’ordre pour signaler la disparition d’Amy, la situation prend une tournure inattendue. Chaque petit secret, lâcheté, trahison quotidienne de la vie d’un couple commence en effet à prendre, sous les yeux impitoyables de la police, une importance inattendue et Nick ne tarde pas à devenir un suspect idéal. Alors qu’il essaie désespérément, de son côté, de retrouver Amy, il découvre qu’elle aussi cachait beaucoup de choses à son conjoint, certaines sans gravité et d’autres plus inquiétantes. Si leur mariage n’était pas aussi parfait qu’il le paraissait, Nick est néanmoins encore loin de se douter à quel point leur couple soi-disant idéal n’était qu’une illusion.

Mon avis : 19/20 - COUP DE COEUR -
Voilà un thriller psychologique absolument fantastique. Tout d'abord, les personnages. Ils sont très travaillés, tant sur le plan psychologique que sur les relations qu'ils entretiennent entre eux. Leurs imperfections les rendent humains, réalistes, et l'on ne peut que se reconnaître en eux rien que part leur place dans la société : ils jouent un rôle, comme nous tous. Le regard et surtout le jugement d'autrui les font agir, ou pas. L'auteur utilise beaucoup cette facette de notre société dans son roman : la police va soupçonner le mari car -traditionnellement- c'est toujours le mari qui est le coupable, mais aussi parce que l'opinion publique est en défaveur de Nick, alors pourquoi la police irait chercher un coupable ailleurs ? 
Ce couple est absolument malsain mais l'alchimie qu'il y a entre eux se ressent tout au long de la lecture, même dans les moments où leur haine est censée prendre le dessus. On se sent nous-même exclu de ce couple si complice -même dans les moments où ils se manipulent entre eux-. 
L'intrigue est vraiment très intelligente, très bien ficellée. L'auteur réussit à nous retourner le cerveau plus d'une fois et nous laisse avec une fin qui en frustrera plus d'un mais qui laisse à méditer sur la véritable définition de l'amour. 
Ce livre est une véritable petite satire du mariage et des engagements que l'on fait mais ne tient pas et pose une question assez dérangeante : peut-on vraiment connaître quelqu'un part coeur ? La réponse est dans ce livre, mais elle n'est ni positive, ni négative...


"Il y a une différence entre aimer vraiment quelqu'un et aimer l'idée qu'on se fait de quelqu'un."
"On ne devrait jamais épouser un homme qui ne possède pas une bonne paire de ciseaux. Ce serait mon conseil. Ça n'attire que des ennuis."

Adaptation cinématographique :
Gone Girl de David Fincher : Je ne vais point mentir, j'ai vu le film avant de lire le livre, et je l'ai tellement aimé que je me suis sentie obligée de lire le livre. L'adaptation est presque 100% fidèleau livre, les petits changements sont tous justifiables, seulement la fin du film laisse perplexe alors que dans le livre elle est beaucoup mieux expliquée. Je trouve que les acteurs sont particulièrement bien choisis (mention spéciale aux fesses de Ben !) et l'ambiance que l'on a dans le livre est la même. La psychologie des personnages est peut-être moins explicite mais c'est tout-à-fait normal car, à l'oral on ne parle pas de soi comme dans un roman. 

mardi 14 avril 2015

Sade - La Philosophie Dans Le Boudoir

Quatrième de couverture :
Dolmancé à Eugénie : "Soyez de même extrêmement libre avec les hommes ; affichez avec eux l'irréligion et l'impudence : loin de vous effrayer des libertés qu'ils prendront, accordez-leur mystérieusement tout ce qui peut les amuser sans vous compromettre ; laissez-vous manier par eux... ; mais, puisque l'honneur chimérique des femmes tient à leurs prémices antérieures, rendez-vous plus difficile sur cela ; une fois mariée, prenez des laquais, point d'amant, ou payez quelques gens sûrs : de ce moment tout est à couvert ; plus d'atteinte à votre réputation, et sans qu'on ait jamais pu vous suspecter, vous avez trouvé l'art de faire tout ce qui vous a plu."

Mon avis : 16/20
Attention, ne nous y trompons pas, apprécier une lecture de Sade n'est pas quelque chose de donné à tout le monde. Beaucoup penseront que c'est un livre vulgaire, choquant, pornographique et immoral, mais ils se trompent complètement (bon, peut-être pas "complètement"). 
La sexualité à outrance est clairement montrée comme un désir et un plaisir que la nature a crée, et les protagonistes tentent d'expliquer à Eugénie que la culpabilité n'a aucune place dans ce que la nature a fait. En parallèle, outre ces orgies, beaucoup de discours et débats philosophiques anti-cléricaux et en l'honneur du libertinage émergent et laissent à réfléchir au lecteur. Notons parmi ceux-ci une vision très moderne sur l'avortement et le droit de la femme à faire ce qu'elle souhaite de son corps (alors que, paradoxalement, la femme est tout de même décrite comme "faite pour les désirs de tous les hommes" -et non d'un seul- quelques pages après). 
A travers diverses théories très bien argumentées, Sade réussit malgré tout à justifier toutes les pires horreurs dont l'homme est capable (viol, meurtre...) et il met le lecteur face à ses propres limites de "l'acceptable". L'oeuvre démarre gentiment et termine sur un acte clairement immoral et absolument horrible (qui me perturbe encore quand j'y repense), c'est l'apothéose d'une oeuvre qui, à l'image de son titre, se veut provocante mais surtout réflective. 

"Mettons, s'il vous plaît, un peu d'ordre à ces orgies, il en faut même au sein du délire et de l'infamie."

lundi 13 avril 2015

Guy Delisle - Chroniques de Jérusalem

Quatrième de couverture :
Guy Delisle et sa famille s’installent pour une année à Jérusalem. Pas évident de se repérer dans cette ville aux multiples visages, animée par les passions et les conflits depuis près de 4000 ans. Au détour d’une ruelle, à la sortie d’un lieu saint, à la terrasse d’un café, le dessinateur laisse éclater des questions fondamentales et nous fait découvrir un Jérusalem comme on ne l’a jamais vu.

Mon avis : 16/20
Voilà une BD moult intéressante qui fait son poids, et pour cause, Guy Delisle partage, en dessin, un an de vie à Jerusalem.
Toi, lecteur rempli de préjugé sur cette ville, toi qui n'est pas un pro de la guerre Israël-Palestine, voici la BD qu'il te faut. On s'assimile très facilement au narrateur puisque l'on est aussi ignorant que lui à son arrivée. Et c'est la force de cette BD : on découvre en même temps que le narrateur la complexité de la vie à Jerusalem. On ne nous explique pas forcément toutes les subtilités des différentes religions mais on en voit les conséquence face à un homme qui ne se considère pas comme croyant. 
Le narrateur réussit à garder une neutralité impressionnante dans la façon de raconter son quotidien même lorsque certains évènements ont tendance à donner une mauvaise image d'un peuple ou de l'autre. 
Le dessin est très simple mais l'auteur réussit à nous donner une belle idée de la ville à travers sa représentation des différents monuments et paysages.  Cette BD allie parfaitement le divertissement à la découverte d'une vie... particulière. 

Je tiens à remercier Alys qui m'a donné envie de découvrir Guy Delisle (et oui, elle a chroniqué 3 de ses BD !)

mardi 7 avril 2015

Juan Jacinto Muñoz Rengel - Le Tueur Hypocondriaque

Quatrième de couverture :
Monsieur Y., tueur à gages de son métier, n'a plus qu'un jour à vivre...Deux, maximum. En réalité, M. Y. se réveille chaque matin :
1) persuadé qu'il s'agit du dernier jour de sa vie,
2) déterminé à tuer Eduardo Blaisten, qu'il poursuit depuis un an et deux mois exactement.
Mais, en plus d'être atteint de maladies toutes plus rares et/ou imaginaires les unes que les autres, M. Y. souffre d'une malchance chronique. Si seulement il ne s'était pas endormi dans le métro la fois où il aurait pu pousser Blaisten sur les rails ! Au fil de ses tentatives d'homicide, M.Y. établit des liens évidents entre ses propres symptômes et les grands maux qui torturent Proust, Voltaire, Tolstoï, Molière, entre autres grands hypocondriaque de l'histoire. Et lui, arrivera-t-il à accomplir sa dernière grande oeuvre ?

Mon avis : 7/20
Voilà un livre qui nous fait de grandes promesses et qui les tient... plutôt mal. 
Si l'on s'attend à un roman un peu humoristique, sarcastique, c'est raté. L'humour est lourd et répétitif, une fois les trois premiers chapitres lus, le reste ne surprend plus personne et les chapitres se suivent et se ressemblent tous... Les analyses de maladies sont longues et les détails qui peuvent amuser dans les premiers chapitres deviennent, au fil de la lecture, agaçants. On se lasse assez très rapidement.
Le personnage principal aurait pu être bien plus atypique, bien plus original, mais on ne connait que ses intentions principales et jamais le fin fond de ses pensées. On se demande pourquoi, comment, et les réponses ne sont que superficiellement données, quand elles le sont. 
Les chapitres les plus intéressants restent ceux qui retracent les maladies folles de grands auteurs comme Voltaire ou Poe, mais dès que l'intrigue reprend le dessus, la monotonie du livre réapparait en même temps que l'ennui du lecteur. Le pseudo retournement de situation à la fin de l'oeuvre ne fonctionne pas tant l'intrigue ne parait pas essentielle à la lecture. 
Le titre et la quatrième de couverture laissent supposer une intrigue originale et pleine de rebondissements... et pourtant l'ennui se fait ressentir au bout d'une cinquantaine de pages, une fois que l'on a compris que rien ne viendrait nous surprendre, nous faire réfléchir ou nous retourner les tripes. Dommage.

jeudi 2 avril 2015

Paulo Coelho - Brida

Quatrième de couverture :
Brida, une jeune Irlandaise à la recherche de la Connaissance, s'intéresse depuis toujours aux différents aspects de la magie, mais elle aspire à quelque chose de plus. Sa quête l'amène à rencontrer des personnes d'une grande sagesse, qui lui font découvrir le monde spirituel : un mage habitant la forêt lui apprend à vaincre ses peurs et à croire en la bonté de l'univers ; une magicienne lui explique comment danser au rythme du monde et invoquer la lune. Brida part alors à la rencontre de son destin. Parviendra-t-elle à réconcilier sa vie amoureuse et son désir de tout quitter pour devenir sorcière ?

Mon avis : 11/20
Ce livre fait partie des nombreuses oeuvres dont on ne sait pas réellement ce que l'on peut dire dessus. L'histoire n'est pas spécialement banale mais une fois que l'on est dedans, on a pourtant l'impression de savoir ce qui va se dérouler et... nos pensées s'avèrent être justifiées.
L'histoire n'est pas réellement prenante, qu'elle soit au niveau de l'intrigue ou de la relation amoureuse. D'autant plus que le côté mystique est gâché par la religion... On ne comprend pas réellement pourquoi celle-ci est aussi présente.
Les personnages ne sont pas attachants, ce qui n'aide pas le lecteur à entrer plus profondément dans le roman. Brida, qui est tout de même le personnage principal, est une personne beaucoup trop "lambda" pour que l'on puisse s'identifier à elle ou seulement la juger. C'est un personnage assez fade et c'est dommage puisque c'est bel et bien un morceau de sa vie que l'on suit. Seul Wicca m'a réellement touchée. C'est une femme forte et prête à faire beaucoup de sacrifices pour garder son statut de "femme qui n'a besoin de personne". Elle est le véritable point positif de ce livre. 
L'écriture est assez banale, elle est suffisamment bonne pour que l'on ne s'ennuie pas de trop pendant le livre, mais pas assez exceptionnelle pour que l'on qualifie ce roman de "chef d'oeuvre".


"Rien n'est complétement faux dans le monde. Même une horloge arrêtée réussit à être à l'heure deux fois par jour."
"Pour ne pas souffrir, il fallait aussi ne pas aimer."