lundi 29 juin 2015

Riad Sattouf - L'Arabe du Futur, Tome 2 : Une jeunesse au Moyen-Orient (1984 - 1985)

Quatrième de couverture :
Né d'un père syrien et d'une mère bretonne, Riad Sattouf raconte dans L'Arabe du futur sa jeunesse au Moyen-Orient. Dans le premier tome (1978-1984) le petit Riad était balloté entre la Libye, la Bretagne et la Syrie. Dans ce second tome, qui couvre la première année d'école en Syrie (1984-1985), il apprend à lire et écrire l'arabe, découvre la famille de son père et, malgré ses cheveux blonds et deux semaines de vacances en France avec sa mère, fait tout pour devenir un vrai petit syrien et plaire à son père. La vie paysanne et la rudesse de l'école à Ter Maaleh, les courses au marché noir à Homs, les dîners chez le cousin général mégalomane proche du régime, les balades assoiffées dans la cité antique de Palmyre : ce tome 2 nous plonge dans le quotidien hallucinant de la famille Sattouf sous la dictature d'Hafez Al-Assad. Le premier tome de L'Arabe du futurest un immense succès.

Mon avis : 17/20 - COUP DE COEUR -
Fidèle au premier tome, nous voilà une fois de plus complètement dépaysés face à la Syrie que le petit blond et sa famille continue de découvrir. Dans ce second ouvrage, Riad va vivre -entre autres- ses premiers jours à l'école. On retrouve avec plaisir les planches de Riad Sattouf qui utilise parfaitement les petits détails qui sont ancrés dans sa mémoire d'enfant pour nous les transmettre en dessin. Une fois de plus, c'est avec efficacité qu'il retranscrit les moments de son enfance. Son personnage est toujours aussi touchant, notamment par sa naïveté d'enfant.
L'apprentissage à l'école et dans sa vie de tous les jours montre un aspect très intéressant car autobiographique donc véritable : il apprend à détester Israël et les juifs parce que tout le monde les déteste et qu'il est mal vu de ne pas les détester. Il en va de même avec sa vision de la femme : il pense que les gens vont le trouver faible s'il dit que sa mère l'a autorisé à faire quelque chose alors qu'il va citer son père pour paraître fort. 
Cette BD montre bien que la façon d'élever un enfant se répercute forcément sur la vision du monde qu'aura ce dernier, elle montre aussi, à plusieurs reprises, l'hypocrisie religieuse et l'obscurantisme qui en découle. C'est d'ailleurs dans cette hypocrisie que le père de Riad semble sombrer petit à petit. Fort heureusement, la mère de Riad va beaucoup plus prendre la parole que dans le premier tome. Ce n'est pas encore assez à mon goût, mais quelque chose me dit que le troisième tome nous réservera des surprises. 

mardi 23 juin 2015

Gilles Lartigot - Eat

Quatrième de couverture :
Nous vivons dans une société toxique pour notre santé. 
La nourriture industrielle nous rend malade.
La pollution, le stress et les produits chimiques font partie de notre quotidien. 
Ce sont des faits.
Il est encore temps d'en réchapper.

Mon avis : 20/20 - COUP DE COEUR -
Après avoir lu Faut-il Manger les Animaux ? de Jonathan Safran Foer, je me suis rendue compte à quel point la littérature-documentaire pouvait être poignante et efficace.

Et voilà un livre de plus pour nous réveiller, nous, le peuple qui nous laissons berner par l'industrie agro-alimentaire qui ne cherche que le profit au détriment de notre santé. 
Mais attention, à aucun moment Gilles Lartigot ne vient nous faire la morale, à aucune instant il ne pointe le lecteur en lui disant "tu fais le mal, arrête". Au contraire, il pose des faits et nous laisse face à notre propre réflexion. Mes choix sont-ils bons ? Pourrais-je vraiment me plaindre d'avoir un cancer alors que je ne fais rien pour éviter d'en avoir un ? 
Nous, consommateurs, sommes fautifs. Nous avons toujours le choix, et nous faisons souvent le mauvais. Mais voilà un livre qui nous met face aux réalités et aux conséquences de nos mauvais choix. 
Cinq autres personnes sont mises à contribution via leur interview par l'auteur : Jean-Marie MARTIN (un chercheur, biologiste et spécialiste des cancers hormono-dépendants et des perturbateurs endocriniens), Anicet DESROCHER (un apiculteur biologique), Michelle BEAUREGARD (une herboriste), Devin TOWNSEND (un musicien canadien) et Luc DAUB (un monsieur qui a enquêté 15 ans dans des abattoirs français), et elles ont toutes quelque chose à dire, une expérience personnelle à partager. 

Ce livre ne peut laisser indifférent et il donne réellement envie de changer complètement d'alimentation pour avoir une vie plus saine et combattre -à petite échelle- les lobbies et les industries qui ne pensent qu'à l'argent qu'ils se font sur notre dos. Il nous rappelle une chose importante : une action collective est la somme de plusieurs actions individuelles. Alors oui, on peut changer les choses, même seul.

lundi 15 juin 2015

J.J. Connolly - X

Quatrième de couverture :
X est un dealer londonien anonyme et qui tient à le rester : dans son milieu, la notoriété relève en effet de la faute professionnelle. Et des fautes professionnelles, X veille soigneusement à n’en commettre aucune. Il se contente d’être un intermédiaire, ce qui lui évite de fréquenter la rue et ses camés trop bavards, il ne flambe pas, préférant rester discret sous ses allures d’homme d’affaires. La pègre le tient en haute estime pour son intelligence et sa rigueur. Sachant qu’on ne fait en général pas de vieux os dans le business, X met le maximum d’argent de côté pour pouvoir prendre le large le jour de ses 30 ans. Il en a 29 et il ne lui reste plus que quelques semaines à tirer quand son boss, le mafieux Jimmy Price, lui demande un dernier service qui va bouleverser la donne d’une manière fort inattendue.

Mon avis : 13/20

Avant tout commentaire, je tiens à remercier les éditions Sonatine qui m'ont gentiment proposé la lecture de ce livre. 

Nous voilà plongé au coeur de la mafia londonienne où les amis ne sont jamais ceux que l'on croit. X (qui représente l'anonymat de notre narrateur) est un petit dealeur qui économise pour prendre sa retraite à 30 ans. Le lecteur est donc immergé au fin fond de la pègre anglais où tout est réuni : les mafieux, la drogue, les embrouilles et les quiproquos... Un récit qui ne laisse pas le lecteur se reposer un instant !
Les personnages, bien qu'ils aient tous des caractéristiques propres aux clichés du mafieux, sont tous assez uniques et leur personnalité, sans être réellement développée, est toujours bien définie. 
L'intrigue est efficace puisqu'en réalité il n'y a pas "une" intrigue mais bel et bien "des" intrigues. Voilà ce qui crédibilise tout le contexte de l'oeuvre, puisque le monde de la mafia ne peut se résumer à une simple histoire, l'auteur ne choisit pas la facilité et nous offre une multitude de retournements de situations.
Bien que les phrases soient parfois un peu longues, le style de l'auteur reste accrocheur et efficace notamment par ses dialogues biens construits et l'humour décalé que l'on y retrouve.
Ce livre est un bon polar qui a le mérite de nous immerger totalement dans le monde crédible de la mafia londonienne. 

lundi 1 juin 2015

La Comtesse de Ségur - Les Malheurs de Sophie

Quatrième de couverture :
L'action se déroule dans un château de la campagne française du second empire où Sophie habite avec ses parents M. et Mme de Réan. Curieuse et aventureuse, elle commet bêtise sur bêtise avec la complicité critique de Paul, son cousin, qui est bon et tente de lui montrer le droit chemin. Elle a pour amies Camille et Madeleine de Fleurville, des petites filles modèles qu'elle peine à imiter.

Mon avis : 15/20
Bienvenue au second empire dans une famille aisée mais loin d'être parfaite. Les nostalgiques du dessin animé comprendront de suite de quoi il s'agit, nous suivons la petite Sophie qui n'a de cesse de faire des bêtises. 
On se doute bien que ce livre s'adresse aux enfants tant il est moralisateur et surtout... cruel ! Sophie fait des bêtises qui sortent de l'entendement (et on ne sait pourquoi, ce sont souvent les animaux qui en prennent pour leur grade), mais les punitions qu'elle reçoit sont parfois bien affreuses elles aussi. On s'attache à ce personnage qui, malgré ses erreurs, réussit à nous émouvoir et à nous toucher. Le schéma des différents chapitres est assez récurrent, mais il est très efficace pour ce genre de livres pour enfants. 

Adaptation télévisuelle :
- Les Malheurs de Sophie de Bernard Deyriès (1998) : ces dessins animés reprennent à la fois Les Malheurs de Sophie de la Comtesse de Ségur mais aussi Les Petites Filles Modèles et Les Vacances qui s'avèrent être la suite de ce premier livre. Un épisode condense plusieurs chapitre d'un même livre tout en respectant au maximum les histoires et leur morale. Tout n'est pas dans l'ordre mais cela n'a point d'importance car il n'y a pas de réelle suite logique entre les chapitres.