lundi 10 août 2015

Yannick Monget - Gaïa

Quatrième de couverture :
Et si un jour l'homme prédateur devenait la proie, à son tour menacée d'extinction ? 

Le monde sombre dans le chaos : un phénomène nouveau et inexpliqué affecte les écosystèmes du monde entier. Le comportement des animaux est bouleversé, les espèces végétales sont frappées d'impossibles mutations alors qu'une étrange épidémie se répand, qui pourrait causer la mort de millions de personnes. 
Au coeur de la forêt tropicale amazonienne, Alexandre Grant, P.-D.G. d'une société de biotechnologie américaine, rencontre Anne Cendras. La célèbre biologiste française est convaincue que ce cataclysme n'a rien à voir avec le réchauffement climatique, mais qu'il menace la survie de toute l'humanité. 
Aucun gouvernement ne sait comment enrayer ce phénomène et déjà le contact est rompu avec certaines régions du globe. Seuls quelques individus, que tout oppose en apparence, sont bien décidés à comprendre et à lutter ?

Mon avis : 16/20
Voilà un livre qui remet en cause l'avenir de la planète et la place que l'homme s'y est approprié depuis des années. L'homme redevient une victime le temps de quelques pages.
L'intrigue est très bien construite et on se prend, au fil des pages, à chercher nous-mêmes la raison pour laquelle la nature aurait pu changer si rapidement sa façon de se développer et sa façon d'agir. On se retrouve immergé dans un Paris (et New-York) enseveli sous de nombreuses plantes tropicales. Une forêt amazonienne en pleine ville, on s'y croirait presque. 
Les deux personnages principaux, un PDG d'une filière de Monsanto et une biologiste activiste, auraient facilement pu tomber dans le stéréotype du "patron capitaliste qui n'a pas de coeur et qui méprise la nature" face à "la hippie qui manifeste contre tout, qui se révolte pour n'importe quoi, qui mange bio et est compatissante envers la moindre feuille de chêne" mais l'auteur a parfaitement su détourner ce stéréotype facile, ses personnages sont carrément humains et réalistes, on est surpris qu'ils ne tombent pas si aisément dans le cliché auquel on s'attend à l'annonce des protagonistes. On se retrouve avec des personnages intéressants et bien travaillés. 
L'intérêt principal de ce livre résulte dans l'intrigue et de la réflexion écologiste qui en ressort : peut-on continuer à tout contrôler comme on le souhaite sachant que l'on dérègle l'ordre établi par la nature ? La plupart des hypothèses faites par les personnages laissent à réfléchir pour le lecteur et lui permettent de se remettre en question. Un petit bémol tout de même, cette réflexion ne va pas jusqu'à remettre en cause directement les élevages intensifs des animaux alors que ceux-ci sont tout de même l'une des causes principales de tous les dérèglements qui se produisent de nos jours. (Hors un passage sur les cocons, que je ne vous spoilerai pas).
Ce livre est aussi intéressant en intrigue qu'en matière réflexive, l'écriture est fluide mais la pseudo happy-end arrive comme un cheveux sur la soupe et on reçoit beaucoup trop d'informations en peu de temps pour tout bien assimiler, ce qui est un petit moins mais qui n'enlève pas tous les points positifs énoncés précédemment. 

"Vous, vous n'êtes pas un prédateur, vous êtes un exterminateur, précisa-t-elle. Vous n'avez pas votre place dans cette chaîne, vous êtes ce que nous nommons une "espèce nuisible". Vous êtes un peu comme cette algue tueuse, la Caulerpe, expliqua Anne.
- Celle qui a envahi la Méditerranée ?
- Oui, je vois que vous connaissez ; et bien vous êtes semblable. Vous colonisez des terres, en y détruisant tout, pour vous installez, vous, et seulement vous, éradiquant tout ce qui pourrait vous gêner dans votre développement jusqu'au jour où, comme la Caulerpe, vous disparaîtrez après avoir compris que ce que vous détruisiez vous était indirectement vital."

"Vous êtes peut-être incroyablement évolués, mais vous n'en restez pas moins un être vivant."

8 commentaires:

  1. Je trouve ce genre de roman très intéressant. En effet, l'Homme à prit une place trop importante sur la planète et n'hésite pas depuis de années à la massacrer. La faune tout autant que la flore.
    Un bon roman écologique, quoi de mieux à lire surtout en période de crise non ? ^^

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    1. Il est vraiment bien fait et il se lit quand même très rapidement ! Donc je le conseille vivement ! La fin m'a empêché d'avoir un coup de cœur mais sinon il est Genial !

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  2. J'ai envie mais j'ai pas envie à la fois.
    Après j'aime encore moins les gens que d'habitude et je suis énervée.

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    1. J'étais deja en mode "haine contre le monde" quand je l'ai lu du coup ça n'a pas changé grand chose à mon humeur ^^
      Au contraire, les hommes prennent cher et du coup c'est plaisant !

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    2. Si les humains prennent cher, je veux bien me lancer.

      *rire sadique*

      C'est tout ce qu'ils méritent !

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    3. J'avoue que j'aimerais bien avoir ton avis dessus ;)

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