jeudi 14 avril 2016

Chahdortt Djavann - Les putes voilées n'iront jamais au Paradis !

Quatrième de couverture :
Ce roman vrai, puissant à couper le souffle, fait alterner le destin parallèle de deux gamines extraordinairement belles, séparées à l’âge de douze ans, et les témoignages d’outre-tombe de prostituées assassinées, pendues, lapidées en Iran.
Leurs voix authentiques, parfois crues et teintées d’humour noir, surprennent, choquent, bousculent préjugés et émotions, bouleversent. Ces femmes sont si vivantes qu’elles resteront à jamais dans notre mémoire.
À travers ce voyage au bout de l’enfer des mollahs, on comprend le non-dit de la folie islamiste : la haine de la chair, du corps féminin et du plaisir. L’obsession mâle de la sexualité et la tartufferie de ceux qui célèbrent la mort en criant « Allah Akbar ! » pour mieux lui imputer leurs crimes.
Ici, la frontière entre la réalité et la fiction est aussi fine qu’un cheveu de femme.


Mon avis : 20/20 - COUP DE COEUR -
Comment parler de ce livre qui m'a transcendée du début à la fin ?
L'intrigue tourne essentiellement autour de deux amies d'enfance que le destin va séparer pour finalement leur donner une fin pas si différente l'une de l'autre. Pourquoi cela ? Parce qu'en Iran, si tu es une femme, tu as de grandes chances de finir prostituée.
Et à travers cette fiction, l'auteur donne la parole à des femmes que personne n'a jamais écoutées : des prostituées décédées, qui avant même de le devenir, étaient pleines de rêves et d'illusions. Ces témoignages d'outre-tombe sont crus, violent et dérangeants et c'est là la force de cette oeuvre. Les femmes ne valent rien si elles ne sont plus vierges pour la simple et bonne raison qu'elles sont nées femmes. Chaque histoire, dans ce livre, nous montre toute l'absurdité de cette logique.
Ce livre est bien plus qu'une voix féministe, c'est une voix humaniste car aucun humain digne de ce nom ne peut traiter un autre être humain de cette façon. 
L'auteur nous fait un plaidoyer réel, caché dans la fiction, contre cet Islam oppresseur et hypocrite qui tient le pouvoir dans le pays, elle critique ce que l'homme fait de la religion et les horreurs qu'il se permet de faire en son nom.

Il est très difficile de parler de cette oeuvre, on ne peut que la conseiller. Ce livre doit devenir un indispensable pour que les choses changent. Car elles doivent changer, cela ne fait aucun doute. 

"Un rien fait de vous une pute, dans cette contrée."

"Bon, maintenant, j'aimerais que tu saches, je suis pas un violeur. J'ai pensé que t'étais une pute."

"Ma beauté ne m'a apporté que du malheur."

"Naître fille dans ce pays est un crime en soi."

"Femme, vous ne disposez jamais de votre corps ni de votre vie dans ce pays. 
La loi vous l'interdit."

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