mardi 24 mai 2016

Antoine Piwnik - Martin, Sexe Faible

Quatrième de couverture :
Et si les hommes étaient le sexe faible ?
Martin, 30 ans, a bien du mal avec ce monde où les femmes ont le pouvoir : harcèlement sexuel, misandrie au travail, pression familiale.
D’autant qu’il ne vit pas très bien son célibat prolongé, et qu’une impitoyable andrologue a affolé son horloge biologique.
Pour trouver sa princesse charmante et crever le plafond de verre de Direct Info, où il se trouve cantonné à la rubrique people, Martin va devoir se battre.
Quitte à prendre quelques coups, au sens propre comme au figuré.
Comédie romantique à l’envers, le journal de Martin, dénonce le sexisme ordinaire.

Mon avis : 16/20
Peut-être connaissez-vous déjà la Websérie éponyme ? Ce n'était pas mon cas, mais voilà que chose faite.

Pour tout dire, lorsque j'ai vu la quatrième de couverture, j'ai eu très envie de lire mais j'avais aussi très peur. Le sujet va-t-il être traité de façon superficielle ? Le livre va-t-il donner une image ridicule du féminisme ? Verdict : je dois l'avouer, il est plutôt cool.
Sous forme de journal intime, Martin nous raconte jour après jour sa quête de l'amour et du bonheur. Sauf que dans une société matriarche... c'est pas facile facile d'être un homme. Il faut prouver en permanence qu'on peut aussi peser dans le game. Très honnêtement, l'intrigue n'est pas fofolle, mais le côté "société inversée" est vraiment crédible et montre toute l'absurdité du problème patriarcal, et c'est la force de cette oeuvre : l'humour.
L'humour est omniprésent, mais c'est l'absurdité du sexisme qui le veut : en mettant les hommes en tant que sexe faible, on se rend mieux compte que l'égalité homme-femme est loin d'être parfaite à l'heure actuelle.

Ce livre se lit tellement vite que tout le monde devrait le lire (ça pourrait faire pousser de miraculeuses graines dans le cerveau des gens !)
Alors certes, ce livre n'est pas écrit de façon mirifique, mais la légèreté de la forme renforce encore plus le fond.

samedi 21 mai 2016

Hugh Howey - Silo, Tome 1

Quatrième de couverture :
Dans un futur postapocalyptique indéterminé, quelques milliers de survivants ont établi une société dans un silo souterrain de 144 étages. Les règles de vie sont strictes. Pour avoir le droit de faire un enfant, les couples doivent s’inscrire à une loterie. Mais les tickets de naissance des uns ne sont redistribués qu’en fonction de la mort des autres.
Les citoyens qui enfreignent la loi sont envoyés en dehors du silo pour y trouver la mort au contact d’un air toxique. Ces condamnés doivent, avant de mourir, nettoyer à l’aide d’un chiffon de laine les capteurs qui retransmettent des images de mauvaise qualité du monde extérieur sur un grand écran, à l’intérieur du silo.
Ces images rappellent aux survivants que ce monde est assassin.
Mais certains commencent à penser que les dirigeants de cette société enfouie mentent sur ce qui se passe réellement dehors et doutent des raisons qui ont conduit ce monde à la ruine.

Mon avis : 18/20 - COUP DE COEUR -
A la fois thriller et roman post-apocalyptique, ce livre regroupe à lui tout seul tous les éléments d'un bon page-turner.
Composé de différentes parties bien distinctes, ce livre vous fait voyager dans un futur dystopique où l'Humanité s'est réfugiée dans un énorme silo bien organisé et vivant en parfaite autonomie. Bien évidemment, tout n'est pas rose (on a bien dit que c'était une dystopie non mais !) : il est absolument interdit de parler de l'extérieur du silo sous peine de s'y faire envoyer (et de mourir, car l'air y est toxique, sinon ce n'est pas drôle).
On peut ressentir quelques longueurs au début du livre qui se font très vite oublier, d'autant plus que l'auteur dissimule pas mal d'informations sous forme de description banale mais qui vont rendre l'intrigue encore plus puissante dans la troisième partie.
Pas mal de thématique sociétales (censure, héritage, manipulation du peuple...) sont présentes dans l'oeuvre mais pas suffisamment exploitées pour qu'on puisse parler d'un chef d'oeuvre de science-fiction (ce qui est dommage).
Mais ça reste un livre qui se lit très facilement si l'on sait à quoi s'attendre : un page-turner qui nous en dit suffisamment, tout en laissant une bonne dose de mystère afin de mieux hanter le lecteur.

A recommander particulièrement aux lecteurs qui aimeraient commencer à lire de la dystopie.

Un autre avis ?

jeudi 5 mai 2016

Thomas Day - Dragon

Quatrième de couverture :
Bangkok. Demain.
Le régime politique vient de changer.
Le dérèglement climatique global a enfanté une mousson qui n’en finit plus.
Dans la mégapole thaïlandaise pour partie inondée, un assassin implacable s’attaque à la facette la plus sordide du tourisme sexuel. Pour le lieutenant Tannhäuser Ruedpokanon, chargé de mettre fin aux agissements de ce qui semble bien être un tueur en série, la chasse à l’homme peut commencer. Mais celui que la presse appelle Dragon, en référence à la carte de visite qu’il laisse sur chacune de ses victimes, est-il seulement un homme ?

Mon avis : 16/20
Une envie de voyager ? Voilà le Bangkok qu'imagine Thomas Day pour notre futur. Un futur pourtant assez proche de notre présent, il faut bien l'avouer.
Autant le dire toute de suite, cette novella s'apparente beaucoup plus au polar qu'à la science-fiction. Ici, un tueur en série s'attaque aux amateurs d'enfants. Sauf que la ville n'a aucun intérêt à perdre son tourisme sexuel puisque c'est devenu son "image de marque". Tann Ruedpokanon va donc avoir pour mission d'abattre ce serial killer, et c'est de là que part l'intrigue.
On l'a donc bien compris, l'auteur a envie de dénoncer le sale commerce qui se fait autour de la prostitution enfantine et qui devient un prétexte, pour certaines personnes, de faire un détour en Thaïlande. Mais l'auteur ne fait en aucun cas la morale, son texte ressemble plus à une piqûre de rappel, histoire que le lecteur n'oublie pas que l'exploitation sexuelle des mineurs est déjà trop répandue et qu'il ne faut pas bêtement fermer les yeux juste parce que c'est loin de nous.
Et c'est sûrement pour ça que le futur de Thomas Day ne nous emmène pas si loin de notre réalité, il reste dans un futur concevable où le dérèglement climatique est le principal changement.
L'intrigue reste d'ailleurs aussi dans les limites du vraisemblable, sans trop de rebondissements improbables, ce qui renforce la crédibilité de ce futur.
Thomas Day nous offre donc un récit court, brutal mais efficace où l'horreur humaine dépasse de loin celle de n'importe quelle fiction.