lundi 31 octobre 2016

Adrien Tomas - Le Chant des Epines, Tome 1 : Le Royaume Rêvé

Quatrième de couverture :
Ils sont les héritiers des clans nordiques.
Ils rêvent d’unifier et de pacifier leurs terres.
Cet espoir se transformera-t-il en cauchemar ?

Voici la geste des jeunes héritiers des clans du Nord et de leurs compagnons. Voici la geste des princes otages, de celles et ceux qui ont pour projet d’unifier les marches du Gel pour en faire leur royaume rêvé, puissant, sûr et juste, gouverné avec sagesse.

Mais leur chemin vers cette quête sera semé d’embûches : le respect du peuple s’arrache dans le sang et les larmes, et la victoire sur leurs ennemis demandera de grands sacrifices. Lorsque le Nord, déjà affaibli par les querelles des Quatre Citadelles, devient la cible des mandragores, redoutables créatures issues des sombres enchantements des Elfes, le doute n’est plus permis?: ils sont la dernière chance de survie des marches du Gel. Pour les combattre, les lames, le verbe et la magie seront leurs seules armes.

Mon avis : 16/20
Après avoir lu Notre-Dame des Loups (et quel coup de coeur !) où Adrien Tomas nous proposait un magnifique western fantastique, le voilà de retour dans son genre de prédilection, la Fantasy.
Mais alors, que vaut ce premier tome ?
Et bien c'est une vraie réussite. Si l'histoire prend du temps à se mettre en place, la lecture n'en demeure pas moins agréable. Le monde crée par l'auteur est bien défini mais il ne nous assomme pas de détails insignifiants qui peuvent parfois gâcher la lecture. Non. L'auteur va droit au but, les descriptions sont simples mais efficaces : elles dirigent notre imagination sans jamais la devancer. Très bon point donc.
Mais le gros point positif de cette oeuvre, c'est son originalité : l'auteur insère à son intrigue des éléments de science-fiction mais aussi de fantastique. Il est important de préciser que le tout est fait de manière intelligente et là où l'auteur aurait pu tomber dans le "fourre-tout", il réussit à rendre la chose subtile, ce qui donne une singularité certaine à ce livre.
Bref, on ne le répète jamais assez, mais on possède en France un beau petit lots d'auteurs (notamment dans la SFFF) qui feraient pâlir les anglophones. Adrien Tomas est incontestablement une de ces petites perles qu'il faut lire, et faire lire.

mardi 25 octobre 2016

Davy Mourier - La Petite Mort(e)

Quatrième de couverture :
Personnage détestable et misogyne, Papa Mort, déçu d'avoir une fille, place la Petite Morte en école privée où ses copains de classe sont des faucheurs issus du folklore d'autres pays. Après des débuts difficiles, elle devient amie avec Mictlantecuhtli l'Aztèque (mais tout le monde l'appelle Mic), Hel la Scandinave et Orcus le Romain. Et surtout, elle tombe amoureuse de Patrick, le seul humain de l'école…

Mon avis : 19/20 - COUP DE COEUR -
Là où l'on pensait que Davy Mourier avait fait le tour de La Petite Mort, voilà qu'il réussit à se renouveler avec une version féminine (et féministe!) de celle-ci. Mais alors, est-ce que ce n'est pas du déjà vu ? Et là, je vous arrête tout de suite, car toutes les qualités de la précédentes trilogie sont présentes : l'humour noir, le cynisme et l'engagement de l'auteur sont bel et bien de la partie.
La forme, jolie voir ingénue, tranche avec le fond qui lui est sombre et violent. Mais que dire qui n'aurait pas déjà été dit sur les précédents livres ? Et bien... pas grand chose. Ah si, elle est encore meilleure que les trois autres tomes réunis. Et oui, c'est possible.

lundi 17 octobre 2016

David Gordon - Polarama

Quatrième de couverture :
“Tout a commencé le matin où, affublé d’une robe de ma défunte mère, en compagnie d’une collégienne de quinze ans qui était par ailleurs mon associée, j’ai reçu une lettre d’un pénitencier et découvert qu’un tueur en série condamné à mort était mon plus grand fan.”
Le tueur en série, c’est Darian Clay, reconnu coupable du meurtre de quatre femmes qu’il a dépecées et arrangées en installations “artistiques” avant de les prendre en photo, mais dont on n’a jamais retrouvé les têtes. L’auteur dont Clay appréciait particulièrement la chronique érotique dans Chaud Lapin, c’est Harry Bloch, écrivain aux ambitions contrariées, père d’une flopée de romans de science-fiction et de sagas sur les vampires publiés sous divers noms d’emprunt.
À quatre-vingts jours de son exécution, Clay propose un marché à Bloch : rencontrer les filles avec qui il a établi une correspondance torride en prison pour écrire des scénarios érotiques le mettant en scène avec elles, en échange de quoi Clay s’engage à faire des révélations sur des points non élucidés des enquêtes le concernant. Bloch, qui n’a jamais su faire les bons choix de carrière, décide d’accepter…

Mon avis : 16,5/20
Voilà un polar qui n'est pas anodin, et bien sûr, c'est chez Babel Noir que l'on découvre ce genre de petites pépites.
Polarama, c'est à la fois un livre policier bien écrit et avec du suspens, mais ce qui le rend unique c'est la portée réflexive que l'auteur apporte à son récit.
Car ici, tout est réuni. Déjà, on a une belle intrigue, assez classique en tant qu'intrigue policière, mais très mauvais genre (et ça, ça m'a convaincue !). L'auteur nous mène par le bout du nez du début à la fin. L'enquête est menée par un trio assez insolite (dont notre narrateur) et chacun des personnages a quelque chose à apporter à l'histoire.
Ce polar a la qualité d'être bien écrit, on ne peut le jeter au rang de "vieux roman de gare" car il possède quelque chose de plus. D'autant plus que l'auteur nous offre une magnifique réflexion sur la littérature et sur le travail d'écriture en règle général. A travers son narrateur (qui est écrivain), on se pose des questions essentielles sur la littérature. Qu'est-ce qu'un bon livre ? L'écrivain doit-il écrire pour lui ou son lectorat ? Doit-il se contenter de n'écrire que les livres d'un même genre ?
Bien évidemment, ces questions n'auront pas de réponses, mais ce n'est pas ce n'est jamais ce qui importe lorsqu'on se les pose.
Malgré sa quatrième de couverture qui laisserait penser à un livre qui se fout de toutes les règles, on se retrouve face à un beau livre rempli de réflexions qui ne gâchent pas un seul instant le plaisir du polar addictif que l'on recherchait. Il serait dommage de passer à côté.

dimanche 2 octobre 2016

Olivier Gay - Les Talons Hauts Rapprochent les Filles du Ciel

Quatrième de couverture :
Un serial killer rôde dans les rues de Paris. Plusieurs filles sont retrouvées assassinées de manière atroce dans leur appartement. Leur seul point commun ? Elles fréquentaient toutes le milieu de la nuit et les clubs à la mode.
John-Fitzgerald, surnommé Fitz par ses amis, est un parasite par excellence. Dragueur paresseux et noctambule, il partage sa vie entre les soirées parisiennes, son amour des jeux en réseau et la vente de coke à la petite semaine. Ce héros improbable va se retrouver au coeur d'une enquête de plus en plus dangereuse, avec l'aide de ses conquêtes d'un soir et de ses amis toxicomanes.
Grande gueule maladroite, incompétent notoire, séducteur au grand coeur, il semble bien mal armé pour affronter les bas-fonds parisiens. Mais tant qu'il y aura de l'alcool, la fête sera plus folle.

Mon avis : 17,5/20 - COUP DE COEUR -
Quand on veut être logique, c'est par ce tome-là que l'on entame la découverte de la série de Fitz. Mais si la normalité n'est pas ton truc, tu peux aussi le lire en troisième. Et c'est ce que j'ai fait. J'avais évidemment un peu peur d'avoir été spoilée par les tomes suivants, mais je vous rassure, chaque ouvrage peut se lire indépendamment des autres. Très bon point pour Oliv' donc.
Je vais faire comme si je n'avais jamais chroniqué Mais je fais quoi du corps ? car les répétitions sont incontournables.
Dîtes au revoir aux vieux flics alcooliques et autres clichés du polar, car Olivier Gay dépoussière complètement le genre policier. L'auteur réussit à mêler intelligemment l'humour au suspens, l'écriture est fluide ce qui fait que ce livre se lit tout seul. Les héros (cf : le anti-héros et ses deux acolytes) ont beau ne pas être travaillé en profondeur, ils prennent le dessus sur l'enquête elle-même. A la fin du livre on se surprend à vouloir passer plus de temps avec eux comme si on les connaissait personnellement.
L'enquête en elle-même se tient mais la fin peut se laisser deviner. Est-ce vraiment un problème ? Non. De par ses nombreuses références, ce livre est ancré dans notre époque, et tout ce que vit le personnage, on le comprend et on s'assimile à lui. On a vraiment cette sensation de vivre un moment de sa vie plutôt qu'une enquête. Et c'est pour ça qu'il faut se lancer sans plus hésiter dans cette lecture.