vendredi 30 décembre 2016

Olivier Gay - Les Mannequins ne sont pas des Filles Modèles

Quatrième de couverture :
Fitz, Deborah et Moussah forment un inséparable trio de noctambules parisiens. Et voilà Moussah en couple et amoureux. D'un mannequin, pour couronner le tout. Mais la superbe Cerise disparaît du jour au lendemain, à l'aube d'un concours qui aurait pu changer sa vie. A-t-elle décidé de tout plaquer sur un coup de tête ?
A la demande de Moussah, Fitz enfile le manteau d'enquêteur qui lui va si bien. Bien sûr, les autres participantes ont tout intérêt à éliminer Cerise, grande favorite de la compétition. Mais est-il possible que ces créatures de rêve se transforment en criminelles pour parvenir à leurs fins ? Fitz a pourtant toujours eu un faible pour les filles modèles...

Mon avis : 14/20
Voici le second livre où l'on retrouve nos très chers protagonistes. Dans l'ordre, c'est le second, mais c'est bel et bien le dernier que j'ai lu, et celui que j'ai le moins aimé. Overdose de Fitz ou simple baisse de régime de la part de l'auteur ?
Et bien détrompez-vous, on reste quand même sur du très bon polar, avec toujours les mêmes personnages (fidèles à eux-mêmes). L'humour est toujours présent, l'enquête nous tient en haleine (même si, encore une fois, les grands amateurs du genre trouveront assez facilement la fin), et une fois de plus ce n'est pas l'enquête qui est vraiment au centre de l'oeuvre mais les personnages que l'on considère vraiment comme des amis et que l'on ne veut pas quitter.
Pas mal de points forts alors. Mais après avoir lu les trois autres livres de la même série, il faut avouer que celui-ci était un poil au-dessous. Le personnage principal, Fitz, tombe parfois dans la caricature de lui-même ce qui donne une humour parfois lourd à la limite du vulgaire. Sauf que le point fort de cette série, et bien c'est ce personnage justement. L'auteur a toujours réussit à doser parfaitement l'humour et le sérieux du personnage. Mais ça marche moins dans ce tome-là.
Rien de grave, ce livre se lit quand même très bien et les petits points négatifs ne sautent pas aux yeux non plus, pas au point d'enlever cette série de mes série policières coups de coeur. 

Mon avis sur :

D'autres avis ?

vendredi 23 décembre 2016

Simon Liberati - California Girls

Quatrième de couverture :
« En 1969, j’avais neuf ans. La famille Manson est entrée avec fracas dans mon imaginaire. J’ai grandi avec l’image de trois filles de 20 ans défiant les tribunaux américains, une croix sanglante gravée sur le front. Des droguées… voilà ce qu’on disait d’elles, des droguées qui avaient commis des crimes monstrueux sous l’emprise d’un gourou qu’elles prenaient pour Jésus-Christ. Plus tard, j’ai écrit cette histoire le plus simplement possible pour exorciser mes terreurs enfantines et j’ai revécu seconde par seconde le martyr de Sharon Tate. »
Los Angeles, 8 août 1969 : Charles Manson, dit Charlie, fanatise une bande de hippies, improbable « famille » que soudent drogue, sexe, rock’n roll et vénération fanatique envers le gourou. Téléguidés par Manson, trois filles et un garçon sont chargés d’une attaque, la première du grand chambardement qui sauvera le monde. La nuit même, sur les hauteurs de Los Angeles, les zombies défoncés tuent cinq fois. La sublime Sharon Tate, épouse de Roman Polanski enceinte de huit mois, est laissée pour morte après seize coups de baïonnette. Une des filles, Susan, dite Sadie, inscrit avec le sang de la star le mot PIG sur le mur de la villa avant de rejoindre le ranch qui abrite la Famille.
Au petit matin, le pays pétrifié découvre la scène sanglante sur ses écrans de télévision. Associées en un flash ultra violent, l’utopie hippie et l’opulence hollywoodienne s’anéantissent en un morbide reflet de l’Amérique. Crime crapuleux, vengeance d’un rocker raté, satanisme, combinaisons politiques, Black Panthers… Le crime garde une part de mystère.
En trois actes d’un hyper réalisme halluciné, Simon Liberati accompagne au plus près les California girls et peint en western psychédélique un des faits divers les plus fantasmés des cinquante dernières années. Ces 36 heures signent la fin de l’innocence.

Mon avis : 15/20
Il est très dur de parler de ce livre. Il est bien écrit, manifestement très documenté, mais il manque un petit quelque chose pour atteindre le coup de coeur de dingue.
Quoi donc me direz-vous ? Et bien commençons par les points positifs.
L'histoire retrace les 36 heures avant/pendant/après le massacre de Sharon Tate par la secte de Charles Manson. Comme dit plus haut, l'auteur s'est particulièrement bien documenté sur l'affaire, les descriptions des scènes criminelles étant notamment très précises, les images marquent et finissent par rester en tête après même avoir fini le livre. Il y a une réelle volonté de coller à la réalité, ce qui est vraiment appréciable car on ressort de cette lecture avec plus de curiosité (voyeurisme ?) sur cette histoire. Mais en se renseignant on se rend compte que l'auteur a déjà tout dit dans ce livre.
En réalité, ce livre raconte des faits, nous fait entrer dans cette famille si particulière qu'est la famille Manson, mais il le fait sans prendre parti. Cela peut être un point positif comme négatif, car à la fois on (re)découvre l'histoire de façon objective mais on peut aussi trouver que le récit manque parfois "d'âme".
L'aspect manquant de ce récit est selon moi le côté psychologie des filles de Manson. Il n'est absolument pas étudié, ce qui est logique si l'on suit "les faits, juste les faits". Heureusement pour nous, The Girls (de Emma Cline) est un livre sur le même thème mais qui étudie principalement la psychologie d'une fille lambda qui pourrait tomber dans une telle secte. Complémentaires, ces deux livres ? Assurément.

lundi 12 décembre 2016

Fabrice Colin - Jenny

Quatrième de couverture :
Cayucos, Californie. Dans une villa au bord du Pacifique, un homme désespéré remplit un cahier noir. Dans sa cave, ligotée, une femme obèse, à peine consciente. Avant de la tuer, l’homme veut raconter son histoire.

Quelques mois plus tôt… Un an après la disparition de sa femme, le chroniqueur Bradley Hayden est détruit. Il s’étourdit dans des liaisons sans lendemain via un site de rencontres. Un jour, se présente une femme qui ne correspond en rien à la description qu’elle a faite d’elle. Jenny, 300 livres, QI redoutable, lui montre une vidéo de son épouse. April est en vie. Obéis-moi en tout, et elle le restera.
Dès lors, Bradley est contraint de suivre Jenny dans une épopée meurtrière.
Traqués par la police, ils sillonnent le pays tandis que Ron, le détective privé aux méthodes zen peu conventionnelles, tente de retrouver April.
Pourquoi Jenny tue-t-elle ? A-t-elle choisi April au hasard ? Bradley pourra-t-il retrouver sa femme à temps ?

Entre passé et présent, scandales politiques et cavale meurtrière, déserts brûlants et cités labyrinthiques, un terrible compte à rebours est enclenché, aux portes de la folie.

Mon avis : 18/20 - COUP DE COEUR -
Wouah.
C'est le seul mot qui nous reste à la bouche lorsque l'on referme cette merveille.
L'auteur nous fait entrer dans une paranoïa sans fin, et l'on se retrouve au même stade que le narrateur : perdu dans l'incompréhension. Pourtant, tout commençait comme dans un thriller assez banal, mais c'est petit à petit que le narrateur (et du coup le lecteur) perd pied et s'enfonce dans une spirale monstrueuse.
L'oeuvre prend petit à petit une tournure assez malsaine qui nous hante et qui nous empêche de refermer le livre sans avoir compris ce qu'il se passe. Car toutes les hypothèses sont possibles, plausibles. Et on les envisage toutes plus que les autres. L'atmosphère de ce livre est particulière, il plane une sorte de tension implacable qui nous happe durant notre lecture.
L'auteur réussit à nous présenter de façon simple des personnages complexes, le tout agrémenté de plusieurs références qui nous permettent de mieux appréhender les différents protagonistes et leur situation, ce qui renforce d'autant plus cette intrigue déjà complètement folle.
L'auteur a vraiment bien fait son travail car on continue de penser à son livre une fois terminé car on ne peut se détacher d'une telle histoire aussi facilement.

Tu as dit une oeuvre magistrale ? Oui, assurément.