lundi 16 avril 2018

Una - L'Une d'Elles

Quatrième de couverture :
Un roman graphique dans lequel l'auteure livre un récit personnel sur les agressions sexuelles dont elle a été victime à l'âge de douze ans. Au même moment, elle est le témoin de la vague d'assassinats de femmes commis entre 1975 et 1980 dans sa région par l'éventreur du Yorkshire. Un témoignage sur les violences faites aux femmes qui interroge le regard que pose la société sur les victimes.

Mon avis : 17/20 - COUP DE COEUR -
Ce roman graphique est très particulier car il aborde des sujets d'une importance majeures avec des dessins très délicats. En partant d'une vague de meurtres de femmes commis entre 1975 et 1980 et les agressions sexuelles dont a été victime l'autrice à partir de l'âge de 12 ans, Una tisse un lien intrinsèque entre les victimes de sexe féminin, dont elle fait partie. Car lorsque l'on est victime, on ne s'attend pas à être incriminée pour quelque raison que ce soit. Mais cela, c'est la théorie, car en pratique Una nous montre que tout est très différent.
Le fond est très puissant, et la forme est vraiment particulière. Le dessin est très doux mais il a un côté très atypique qui accroche tout de suite l'oeil. On est comme hypnotisé par ce que l'on voit et, par extension, ce qu'on lit.
Ce roman graphique est une véritable pépite viscérale que l'on se doit d'offrir, de prêter à un maximum de personnes car il est indispensable de la lire, pour le bien commun de tous, et particulièrement des femmes.

jeudi 29 mars 2018

Adelaïde Bon - La Petite Fille sur la Banquise

Quatrième de couverture :
« J'ai neuf ans. Un dimanche de mai, je rentre seule de la fête de l'école, un monsieur me suit. Un jour blanc. Après, la confusion. Année après année, avancer dans la nuit. Quand on n'a pas les mots, on se tait, on s'enferme, on s'éteint, alors les mots, je les ai cherchés. Longtemps. Et de mots en mots, je me suis mise à écrire. Je suis partie du dimanche de mai et j'ai traversé mon passé, j'ai confronté les faits, et phrase après phrase, j'ai épuisé la violence à force de la nommer, de la délimiter, de la donner à voir et à comprendre. Page après page, je suis revenue à la vie. » A. B. 

Mon avis : 15/20
La petite fille sur la banquise c'est le récit poignant de la vie de l'autrice, traumatisée par le viol qu'elle a subi à l'âge de 9 ans. On y suit page après page, les conséquences physiques et psychologiques de cette agression. Ce livre est complètement déroutant, l'autrice alterne la première et la troisième personne afin de sortir du récit pour s'adresser directement au lecteur, ou à elle-même. Cela peut sembler étrange au début de la lecture, mais cela  renforce clairement le récit.
Cet exutoire littéraire reste une lecture très lourde, très oppressante et qui crée un véritable malaise chez le lecteur, il n'y a pas un seul instant de lecture ou l'on fait une pause de cette sensation, et c'est une vraie prouesse de la part de l'autrice, car elle nous partage, le temps d'une lecture, une introduction à ce qu'elle a vécu pendant des années.

mercredi 21 mars 2018

Gilles Lartigot - Eat 2

Quatrième de couverture :
Quand on est perdu il faut revenir aux fondamentaux.

Mon avis : 20/20 - COUP DE COEUR -
Tout d'abord, je tiens à remercier l'auteur en personne qui m'a envoyé son livre, et je suis vraiment très contente car je n'ai que du positif à en dire.

Après son premier livre Eat, Gilles Lartigot revient en force pour continuer son combat. Au programme ? Un esprit sain dans un corps sain. Médecine, nutrition, survivalisme, sport... On sent que le but premier de l'auteur est d'informer et de faire se poser des questions. Il n'hésite pas à se remettre en question s'il pense que cela est nécessaire. Grâce à son recul et à sa capacité à ne jamais entrer dans le jugement d'autrui, il réussit parfaitement à faire passer son message tout en laissant au lecteur le choix d'utiliser les informations comme il le souhaite. Informer mais ne pas forcer à agir. Et c'est la grande force de Gilles Lartigot. Il refuse les étiquettes, nous présente un mode de vie différent, et nous laisse faire les connexions.
Je n'ai pas énormément de choses à ajouter par rapport à la chronique sur le premier livre car il est la parfaite prolongation de celui-ci. Il fait partie de ces livres d'utilité publique que tout le monde devrait lire et prêter aux personnes de son entourage. Et c'est d'ailleurs un des rares livres que je prête sans m'inquiéter de son sort. Un livre qui se doit de devenir un indispensable.

samedi 17 mars 2018

Martin Blasco - La Noirceur des Couleurs

Quatrième de couverture :
Cinq bébés enlevés. Un projet expérimental diabolique consigné dans un journal intime. Un journaliste qui enquête sur ces disparitions vingt-cinq ans après.1910, Buenos Aires. Une jeune femme réapparaît au domicile de ses parents après avoir disparu une nuit alors qu’elle dormait dans son berceau. Une jeune femme sans aucun souvenir, un homme qui se comporte comme un chien, les images hallucinées d’une session d’hypnose, sont les pistes qui conduiront Alejandro à remonter le fil de cette sombre histoire jusqu’à un dénouement aussi terrifiant qu’inattendu. 

Mon avis : 16/20
Avant tout, j'aimerais remercier une fois de plus Bulledop qui m'a offert ce livre et qui me montre encore une fois qu'elle connait mes goûts par coeur. Merci encore.

Il est rare de trouver son bonheur quand on est amateur de thriller et que l'on se balade dans le rayon jeunesse. Enfin, c'est avant de tomber sur La Noirceur des Couleurs édité chez les éditions L'Ecole Des Loisirs. On est sur une ambiance glauque, une intrigue bien ficelée et un rythme qui tient parfaitement la route. Une fois que l'on entre dans l'histoire, il est impossible de refermer ce livre tant l'envie de connaître la fin est forte. Un page-turner vous dîtes ? C'est assez vrai, mais il a le mérite d'être très bien écrit (et donc, traduit). Ce livre fait partie de ceux qui nous rappelle qu'un livre jeunesse peut être aussi bien écrit, voir mieux, qu'un polar/thriller traditionnel. Il aurait totalement sa place dans ce dernier rayon, mais il est très positif de savoir que les rayons jeunesse aient le privilège de posséder de pareilles pépites. L'auteur réussit le pari de nous étonner à travers une histoire originale et très malaisante tant elle fait écho à des évènements horribles mais bel et bien réels.
Ce roman est un tourne-page très efficace qui laisse le lecteur face à des questions dérangeantes, pour mieux le troubler et marquer son esprit. Une réussite.

lundi 5 mars 2018

Ananda Devi - Manger l'Autre

Quatrième de couverture :
Une jeune adolescente, née obèse, mange, grossit et s’isole. Sa mère s’enfuit, horrifiée par son enfant. Ses camarades de classe la photographient sans répit pour nourrir le grand Œil d’internet. Son père, convaincu qu’elle aurait dévoré in utero sa jumelle, cuisine des heures durant pour nourrir « ses princesses ». Seule, effrayée par ce corps monstrueux, elle tente de comprendre qui elle est vraiment. Quand elle rencontre par accident l’amour et fait l’expérience d’autres plaisirs de la chair, elle semble enfin être en mesure de s’accepter. Mais le calvaire a-t-il une fin pour les êtres « différents » ?
Conte de la dévoration et roman de l’excès, Manger l'autre est une allégorie de notre société avide de consommer, obsédée par le culte de la minceur et de l’image conforme.
Avec force, virtuosité, et humour, Ananda Devi brise le tabou du corps et expose au grand jour les affres d’un personnage qui reflète en miroir notre monde violemment intrusif et absurdement consumériste.

Mon avis : 16/20
C'est avec énormément de talent stylistique et une écriture parfaitement maîtrisée que Ananda Devi nous fait partager la vie d'une jeune adolescente de 16 ans qui est obèse. Complètement isolée, inconnue de tous, même du lecteur, la narratrice nous parle de sa vie de "monstre" que la société refuse de voir comme une personne "normale". Mais au-delà de la société, c'est le regard que la narratrice porte sur elle-même qui est le plus dérangeant, elle se déshumanise complètement et pose un regarde sur elle-même complètement lié à celui de la société. 
Ce roman instaure un malaise chez le lecteur, on aimerait pouvoir faire quelque chose pour la narratrice, l'aider à s'en sortir mais on se sent complètement impuissant, au même titre que toutes les personnes qui entourent la narratrice. L'autrice fait preuve d'une grande habileté pour développer la psychologie de sa narratrice qui n'a fait qu'une seule erreur : celle de voir le jour. Elle possède un certain talent pour décrire avec virtuosité le dégoût, l'horreur, la haine de soi. C'est un roman qui aurait pu être poignant mais qui gagne en profondeur à ne pas tomber dans le pathos, la situation est elle-même marquée par la tragédie, ce qui en dit déjà bien long sur notre société peu tolérante et qui se pose en juge permanent sur ce qui est conforme ou non.

dimanche 28 janvier 2018

Rosa B - Mort à la viande !

Quatrième de couverture :
Peut-on manger de la viande tout en respectant les animaux ? Les éleveurs sont-ils tristes quand leurs bêtes partent à l’abattoir ? Etre vegan, ça coûte cher ? Après Insolente Veggie, et L’antispécisme c’est pas pour les chiens, Rosa B répond en BD à toutes ces questions (et bien d’autres !) avec l’humour incisif et impertinent qui la caractérise !
Dans ce troisième tome des aventures de notre Insolente Veggie, les carnistes en prennent pour leur grade : le mythe de la «viande heureuse», les éleveurs, les industriels et les consommateurs… tous passent dans le collimateur de son humour décapant et toujours percutant ! 160 pages pour rire et réfléchir à la condition animale et sa propre humanité.

Mon avis : 17/20 - COUP DE COEUR -
Après Insolente Veggie et l'Antispécisme, Rosa B revient avec sa nouvelle BD Mort à la viande ! et évidemment, je ne pouvais pas passer à côté.
Ce n'est pourtant pas évident de faire une chronique sur cette oeuvre sans répéter ce que j'ai déjà pu dire sur les précédents ouvrages. Car ce livre est à la hauteur des précédents tomes mais il est surtout beaucoup plus grinçant. On sent que l'autrice passe au niveau supérieur pour parler du spécisme et de ses conséquences. Elle donne beaucoup plus la parole aux animaux que dans ses précédents livres mais c'est surtout la rage qui prédomine cette ouvrage. La rage d'une personne exaspérée, indignée face au comportement des gens dans notre société. C'est une rage que l'on connait tous plus ou moins, une volonté de crier au monde que tout ce qui nous entoure ne tourne pas rond. C'est un sentiment que l'on peut ressentir dans beaucoup de combats, et qui est ici très bien représenté à travers des dessins toujours aussi simples et pertinents.
Encore une fois, Rosa B nous offre un livre qui est à la fois très personnel et très parlant, toujours aussi efficace tout en ayant toujours quelque chose de nouveau à dire. Une réussite, une fois de plus.